bulletin de l'international

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02 juillet 2009

lLES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BEA

VOL AFF 447 D’AIR France

FAOUZI ELMIR

LES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BUREAU D’ENQUÊTES ET D’ANALYSES

                            (BEA)

Dans son rapport sur le crash du vol Rio-Paris, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses(BEA) a exclu l’hypothèse d’une dislocation en vol de l’Airbus A330 d’Air France en retenant celle des sondes Pitot qui mesurent les vitesses. Comme il était prévu, le BEA a décidé de noyer le poisson pour ne pas parler des choses qui fâchent, c’est-à-dire, la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens depuis l’ouverture du ciel à la concurrence avec le déferlement nihiliste de la révolution néo conservatrice reaganienne et de l’archéo-libéralisme. Il est remarquable qu’après chaque accident d’avion, il y a une stratégie médiatique savamment orchestrée visant à mettre hors de cause, le constructeur et la compagnie. Le discours sur la sécurité aérienne comme par exemple la manière d’enfiler les gilets de sauvetage avant le décollage a pour seul objectif de rassurer des âmes angoissées. Mais le voyageur ne sait pas que la compagnie qu’il transporte est soumise à la logique du profit et de la rentabilité. Le discours sur la sécurité aérienne ressemble à bien des égards à celui tenu habituellement sur la sécurité alimentaire. Comme le BEA dans le domaine aéronautique, il existe en France l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments(Afssa) qui est le gendarme qui surveille la qualité des aliments. Malgré une alimentation empoisonnée par une myriade de substances toxiques (pesticides, insecticides, dioxines, additifs alimentaires, pollution de l’air et du sol), l’Afssa considère que le fait d’ingurgiter toutes ces substances relève de l’ordre normal des choses. Et pour cause, l’Afssa ne peut rien contre les lobbies des industries agroalimentaires et des industries chimiques qui pèsent de tout leur poids pour empêcher l’information du public sur le nombre de poisons contenu dans chaque assiette. Un seul chiffre suffit pour montrer l’ampleur du problème posé par l’alimentation des hommes dans les société capitalistes. En France, chaque habitant consomme 2,3 kg de pesticides par an, soit plus de 120 000 tonnes 1999 contre 100 000 tonnes quelques années auparavant. Ces pesticides sont stockés dans les graisses causant un affaiblissement du système immunitaire qui prédispose les consommateurs comme les animaux aux maladies infectieuses et aux cancers. Avaler 2 kg de pesticides chaque année n’émeut apparemment pas outre mesure l’Afssa, organisme public chargé de surveiller la sécurité alimentaire et la santé publique. Que peut faire l’Afssa face aux industries agroalimentaires et aux industries chimiques qui fabriquent les pesticides, insecticides, colorants, additifs alimentaires?

A l’instar des lobbies dans les idustries chimiques et agroalimentaires, ile existe dans le secteur des transports aériens des lobbies qui s’activent dès la survenance d’une catastrophe. Le BEA se trouve donc dans la même situation que l’Afssa, car cet organisme soi disant indépendant qui est habilité à enquêter sur les accidents aériens peut délivrer une expertise technique mais il reste prisonnier d’une culture scientifique bornée et des intérêts économiques et commerciaux considérables qui sont en jeu après chaque accident aérien et qui empêchent d’avoir des conclusions et des explications impartiales et objectives. Comme le discours politique et idéologique dominant, le discours scientifique et technique est un discours clos qui baigne dans des tautologies et des interprétations acrobatiques. Un discours clos et tautologique est par définition un discours qui n’explique pas et qui ne démontre pas. Alain Bouillard, responsable du BEA a déclaré lors d’une conférence de presse que l’Airbus A330 d’Air France « n’a pas été détruit en vol » mais qu’il a « heurté la surface de l’eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale ». Pour appuyer son hypothèse selon laquelle l’avion « est arrivé entier au moment de l’impact », Mr Bouillard avance deux éléments d’explication: la dérive et les gilets de sauvetage introuvables. Selon lui, le fait que la dérive est restée toujours fixée à la structure de l’avion et qu’elle a été retrouvée au milieu des autres débris, démontre que l’avion n’a pas explosé en vol mais qu’il a été disloqué en mer après avoir touché la surface de l’eau à une grande vitesse. D’abord, il est faux de parler de structure de l’avion, car la plupart des débris restent introuvables à ce jour et que la structure de l’avion n’est pas seulement la partie attachée à la dérive. Ensuite, Mr Bouillard se trompe lourdement quand il prend la dérive comme base d’interprétation, car la dérive en elle-même ne démontre rien du tout et elle ne peut en aucun cas expliquer que l’avion est « arrivé entier au moment de l’impact ». Par ailleurs, des gilets de sauvetage introuvables ne sauraient suffire à démontrer que l’avion a été disloqué en mer et non pas en vol. Cette idée de gilets de sauvetage introuvables qui « montre que visiblement les passagers n’étaient pas préparés à l’amerrissage », peut être retournée contre Mr Bouillard, car si l’appareil était arrivé entier au moment de l’impact, les passagers auraient eu suffisamment le temps pour enfiler leurs gilets de sauvetage et que probablement il y aurait eu des survivants. Des gilets de sauvetage introuvables peuvent être interprétés différemment par le fait que le commandant de bord n’avait pas eu le temps de prendre la décision d’amerrir l’appareil. En réalité, à travers leurs explications acrobatiques, Mr Bouillard et le BEA cherchent à corroborer l’idée de la défaillance technique due aux « sondes Pitot ».

LES TROIS PRINCIPALES CAUSES DE L’ACCIDENT RIO-PARIS

Le crash de l’Airbus A 330 d’Air France est dû à trois principales causes. La première est due aux conditions météorologiques qui régnaient sur la trajectoire de l’appareil. La deuxième cause est psychologique, l’expérience professionnelle du commandant de bord qui est à l’origine des fausses inférences psychologiques. La troisième cause a partie liée avec la logique mercantile et la dure loi du profit qui dominent nos sociétés.

A-  Cause externe : Les conditions météorologiques:

Les messages automatiques ACARS envoyés par l’avion signalent d’abord des dysfonctionnement non pas des « sondes Pitot » mais des problèmes électriques et de pressurisation. Ces problèmes électriques ont été provoqués par des conditions météorologiques d’une rare violence. L’Airbus A330 s’est effet trouvé piégé par une barrière infranchissable de cumulonimbus et dans une zone de perturbation tropicale, subissant pendant 175 km (75 miles) et plus particulièrement durant les 12 dernières minutes du vol, de fortes rafales de vent, de cisaillement de vent, de grain, de turbulence, de pluie, de grêle et de la foudre. Contrairement aux explications tautologiques du BEA laissant entendre que l’appareil est arrivé entier au moment de l’impact, l’Airbus A 330 s’est disloqué en plein vol suite à une cascade de pannes et à une dépressurisation de l’appareil. Un avion qui subit pendant 125 km sans discontinu, de fortes rafales de vent, de turbulences, de pluie, de grêle, de la foudre, ne pourra jamais « arriver entier au moment de l’impact avec la surface de l’eau ». Les photos satellites donnent une idée des conditions météorologiques qui existaient dans la zone traversée par l’Airbus A 330 durant la nuit du 31 mai-1juin et elles corroborent l’hypothèse de la météo comme l’une des causes du crash. Les avions ayant contourné la zone de perturbation tropicale ont certes dû subir de fortes turbulences qui n’étaient pas de la même intensité ni sur une aussi longue distance. Ce qui explique que les autres avions ayant contourné la zone de perturbation tempétueuse sont arrivés à destination mais pas l’Airbus d’Air France.

B-  Cause psychologique : les pilotes expérimentés, victimes de l’inférence psychologique.

Dans ses enquêtes et analyses, le BEA privilégie la seule expertise technique mais non pas d’autres éléments comme la posture psychologique d’un commandant de bord très expérimenté ou la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens. Rappelons que le commandant de bord de l’Airbus d’Air France accidenté avait à son actif 11 000 heures de vol dont 1700 heures sur l’Airbus A 310-A330. Cette longue expérience professionnelle du commandant de bord engendre un excès de confiance en soi et l’illusion de la domination de la nature et des phénomènes naturels par l’homme et la machine. La solide expérience professionnelle du commandant de bord mesurée et consigné dans un carnet de vol peut être un facteur de sécurité pour les passagers mais aussi un facteur de risque dans la mesure où les pilotes expérimentés sont des victimes potentielles de ce que j’appellerai les fausses inférences psychologiques engendrées par la répétition et les régularités de certains phénomènes naturels et de la vie quotidienne. Le simple fait qu’un événement se produise un certain nombre de fois provoque chez l’homme comme chez l’animal l’attente de son retour, la levée du soleil par exemple. Mais si nous avons bien l’expérience des futurs passés, nous n’avons pas celle des futurs à venir. En effet, l’occurrence régulière d’un certain nombre d’événements dans le passé peut ne pas se répéter à l’identique dans l’avenir à cause d’éventuels changements de conditions. C’est là en effet que résident les dangers des inférences psychologiques, car il peut y avoir à la fin une mise en échec de la prévision en dépit de répétitions fréquentes. Les pilotes très expérimentés qui ont généralement à leur actif un nombre très important d’heures de vol sont souvent victimes de fausses inférences psychologiques qui les empêcheraient de procéder à toute analyse circonstanciée des et des événements et des problèmes auxquels ils se trouvent confrontés et à toute appréciation objective des situations de risque. La mise en retraite anticipée des commandants de bord ayant atteint un certain nombre d’heures de vol pourrait être une des solutions pour limiter les risques des accidents aériens, car les jeunes commandants de bord seront plus enclins à la prudence et à une analyse froide des situations critiques.

C-  Cause économique : la dure loi du profit

Le crash de l’Airbus d’Air France a une troisième cause indirecte, la logique mercantile qui régit les sociétés capitalistes. De toute évidence, toutes les compagnies aériennes tiennent le même discours sur la sécurité. Nous savons pertinemment qu’avec l’anarchie qui règne dans le secteur des transports aériens, le zéro accident aérien n’existe pas. Mais ce discours sur la sécurité dans les transports aériens n’est qu’un simple effet d’annonce, car la sécurité des passagers cède aussitôt devant les impératifs et les contraintes économiques et purement mercantiles. Souvent, la maintenance des avions est mise en avant pour rassurer les voyageurs, mais la maintenance n’est pas tout. Sinon comment expliquer le crash de l’Airbus d’Air France abîmé en mer après le décollage de l’aéroport de Rio de Janeiro dont la dernière révision datait du mois d’avril 2009 ? Il y a tout lieu de penser que ce n’est pas le défaut de maintenance qui est à l’origine de l’accident  mais bien d’autres éléments. Comme pour les lignes de la SNCF, les lignes aériennes sont soumises au critère de la rentabilité et du profit. La compagnie Air France est une société privée financée par des actionnaires privées, elle n’est pas une société philanthropique et ses prestations ne sont pas gratuites. Dans le cas du vol Rio-Paris, une annulation du vol aurait entraîné l’hébergement des passagers, ce qui représente des coûts supplémentaires pour Air France. Le contournement du vol Rio-Paris se serait traduit par des coûts supplémentaires en carburant, en frais d’hébergement et en taxes d’aéroports ; ce sont ces charges que doivent supporter la compagnie aérienne. 

Le BEA possède incontestablement des compétences techniques indéniables dans l’expertise des accidents aériens mais un crash n’est guère explicable par le seul facteur technique. Les comportements et la posture psychologique du commandant de bord qui prend les décisions pendant le vol ainsi que l’environnement économique dans lequel évoluent les compagnies aériennes doivent être pris en compte et intégrés dans toute enquête et dans toute analyse des accidents aériens. Les rapports et les observations du BEA sont entachés de graves anomalies, car ils privilégient le seul élément technique au détriment d’autres éléments certes indirects mais ô combien déterminants et décisifs qui sont les fausses inférences psychologiques du commandant du bord et la logique mercantile qui domine le secteur aérien.

Mots-clés : Accident, vol Rio-Paris, BEA.

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30 juin 2009

ACCIDENT D'AVION SANA(MORONI

ACCIDENT D’AIRBUS A310 SANAA-MORONI

LE BOUC ÉMISSAIRE

Un mois, jour pour jour, après la crash d’un Airbus d’Air France avec à son bord 228 passagers et membres d’équipage, nous voilà de nouveau avec le crash d’un Airbus A310 de la compagnie yéménite qui vient d’abîmer en mer à l’approche de l’aéroport de Moroni, aux îles Comores. Le vol IY 626 de la Yemenia parti lundi à 21H45 heure locale(18H45 GMT) disparaît de l’écran radar vers 01H51(22H51) GMT lundi avec à son bord 142 passagers et 11 membres d’équipage(6 yéménites, deux marocaines, une indonésienne, une éthiopienne et une philippine).  Les nationalités des victimes sont française (26), comorienne (54), un palestinien et un canadien. On recense toutefois une rescapée, une adolescente de 15 ans.

À chaque crash d’un avion, la stratégie médiatique s’organise pour mettre hors cause les constructeurs à cause des enjeux économiques et commerciaux considérables. S’agissant des grandes compagnies aériennes comme Air France, British Airways etc, leur stratégie de leur communication après chaque crash vise à les dédouaner de toute responsabilité en braquant les regards sur des éléments hypothétiques, la plupart du temps une défaillance humaine. Evidemment, la science et la technique et les affaires ne sont jamais en cause, car ceux qui défaillent, ce sont toujours les mêmes, les hommes, les mortels.

Quand un crash aérien survient avec une compagnie des pays dits exotiques selon les commentateurs des médias, comme c’est le cas de la compagnie yéménite, Yemenia, la stratégie médiatique utilise d’autres arguments et fait une présentation tendancieuse des faits. Dans le cas du crash de l’Airbus A310 de Yemenia, commentateurs et experts aéronautiques rivalisent d’imagination pour accabler la compagnies aérienne yéménite qui n’a pas les moyens d’entretenir ses avions et qui n’a pas respecté les normes internationales en matière de sécurité aérienne. Ces arguments sont on ne peut plus fallacieux, car la dernière révision de l’Airbus A310 qui vient de s’abîmer à une vingtaine de kilomètres de l’aéroport de Moroni date de 2007. Cela signifie que toutes les vérifications techniques nécessaires imposées par le constructeur ont été effectuées et que l’avion a reçu son habilitation pour voler.

Dans le discours des médias français sur le crash de l’Airbus de la compagnie yéménite, Yemenia, on n’a aucun mal à déceler un racisme latent et un mépris pour les compagnies aériennes du tiers monde considérées comme des transporteurs aériens non fiables et non sûrs. La non-fiabilité des compagnies aériennes des pays du tiers monde est un simple préjugé, car ces compagnies dits exotiques sont soumises à une réglementation internationale et à des normes internationales de matière de sécurité aérienne au même titre que les compagnies des pays dits civilisés. Les normes et les réglementaires aéronautiques internationales s’appliquent aussi bien aux compagnies aériennes des pays dits civilisés que les pays dits exotiques. Il n’y a donc pas deux catégories d’avions : l’une sûre et l’autre dangereuse ou moins sûre.

Avec le crash du vol 447 d’Air France, la cause de l’accident a été attribuée à la foudre puis à une défaillance des sondes de vitesse. Personne n’a osé mettre en cause la logique mercantile qui régit aussi bien les compagnies aériennes des pays dits civilisés que celles des pays exotiques. Personne n’a osé mettre en cause l’avionneur qui prétend que ses avions résistent aux phénomènes météorologiques extrêmes alors que les expériences effectuées dans les laboratoires n’ont rien à voir avec les phénomènes naturels grandeur nature qui sont beaucoup plus complexes, imprévisibles et plus difficiles à gérer en vol. Comme pour le crash de l’Airbus d’Air France, les mauvaises conditions météorologiques pourraient être à l’origine du crash de l’Airbus A310 de la compagnie aérienne yéménite. D’après une déclaration d’un responsable yéménite, l’Airbus accidenté traversait une zone très perturbée avec une vitesse du vent avoisinant le 61 noeuds. Il faut bien reconnaître que les avions sont des êtres techniques faillibles comme tout ce qui est produit et fabriqué par les mains de l’homme et qu’ils ne peuvent rien contre des phénomènes météorologiques d’une extrême complexité. Nous avons pu remarquer qu’après chaque accident aérien, le doigt accusateur et est toujours pointé sur les hommes et leur nature faillible, jamais sur la science et la technique considérées comme infaillibles. C’est ce dogmatisme scientifique et technique qui a coûté cher à l’ensemble de l’humanité et qui est aussi le seul responsable de nos malheurs non seulement dans le domaine de l’aéronautique de transports aériens mais dans tous les domaines de la vie sociale. A vrai dire, Les avionneurs et les ingénieurs aéronautiques sont des hommes aussi dangereux que les chimistes qui fabriquent des polluants que l’on respire à longueur de journée et des poisons administrés à faible dose que l’on retrouve dans nos assiettes à chaque repas.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Accident Airbus A310, compagnies aériennes, normes techniques, sécurité aérienne.

LE DESSOUS DU COUP D'ETAT AU HONDURAS

LE DESSOUS DU COUP D’ÉTAT AU HONDURAS

Le dimanche, 28 juin, 200 militaires honduriens encerclent à l’aube la résidence du président du Honduras Manuel Zelaya qui, après 20 minutes d’échange de tirs avec ses 10 gardes- du- corps, s’est rendu aux assaillants avant d’être transporté par avion dans l’Etat voisin, le Costa Rica. Dans sa conférence, Zelaya dénonce un coup d’État fomenté par les partis de droite avec la complicité de l’institution judiciaire et des hauts gradés de l’armée.

A l’origine de ce coup d’État se trouve un référendum organisé par le président hondurien pour l’élection d’une nouvelle Assemblée constituante remplaçant le congrès actuel dominé par les partis de droite. Le président Zelaya, alias Mel, qui accède au pouvoir en 2005 fut le candidat du parti Libéral du Honduras, un parti de droite. Après son élection, ce richissime propriétaire foncier, le président Zelaya décide de prendre des mesures en faveur des classes populaires et des paysans pauvres en imitant l’exemple du Bolivarianisme d’Hugo Chavez au Venezuela. Ce revirement du président Zelaya lui coûtera la confiance de son propre parti du centre droit qui s’oppose énergiquement à sa politique sociale. Rappelons que le Honduras est considéré comme le pays le plus pauvre d’Amérique latine avec ses 50% des 7,8 habitants vivant en dessous du seuil de la pauvreté et un illettrisme avoisinant le 20%.

Les réformes proposées par le gouvernement Zelaya visent justement à réduire la pauvreté et à enrayer l’illettrisme. Pour mener ses réformes, Zelaya met en place une politique d’aide aux classes pauvres avec des prêts à très faible taux d’intérêt et une augmentation de 60% du salaire minimum. Il met fin au monopole des sociétés multinationales sur l’importation du pétrole grâce à un accord la société vénézuelienne, Petrocaribe. Le gouvernement hondurien prend des mesures contre les multinationales pharmaceutiques qui contrôlent 80% du marché des médicaments au Honduras en signant des accords avec Cuba et le Venezuela pour la fourniture de médicaments génériques bon marché. Le Président Zelaya dénonce la mainmise de l’oligarchie locale sur les mass medias et met fin aux subventions accordées par le gouvernement aux grands groupes de presse. Avec Cuba, le Honduras signe un accord pour l’alphabétisation des illettrés et pour envoyer des étudiants se former dans les universités cubaines. Dans le domaine de la politique régionale, le Honduras devient membre de l’ALBA, une organisation fondée par le Venezuela avec pour objectif de créer une synergie dans tous les domaines entre les différents pays latino américains. Le Honduras est l’exemple d’une république bananière dominée par le United Fruit qui contrôle tous les secteurs économiques vitaux du pays. Avant Zelaya, un autre président, Villeda Morales, avait tenté de timides réformes agraires mais il fut aussitôt renversé par un coup d’État militaire mené l’homme de lige des États-Unis, Lopez Arellano qui gouverna le pays de 1965 à 1974. Au cours des années 1980, le Honduras devient la base arrière des opposants à la Révolution sandiniste au Nicaragua.

Voulant imiter l’exemple du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur, le président hondurien appelle à un référendum pour l’élection d’une nouvelle Assemblée constituante qui remplacera celle dominée actuellement par les partis de droite et les représentants de l’oligarchie locale. Le 23 juin, cinq jours avant le référendum, pour contrecarrer cette initiative populaire, les députés de droite majoritaire au Congrès National, vote une loi déclarant illégal la consultation prévue pour le 28 juin. Pour donner un semblant de légitimité à sa loi conte le référendum, l’oligarchie locale collecte 400 000 signatures à travers tout le pays. Après ce vote de la loi par les députés de droite, ce sont la Cour Suprême et le haut commandement de l’armée qui déclarent à leur tour leur hostilité à l’organisation du référendum du 28 juin. Le 24 juin, le président Zelaya rencontre le haut commandement de l’armée pour lui demander d’assurer l’aide logistique nécessaire à la tenue du référendum mais devant le refus d’obéir aux ordres présidentiels, le ministre de la Défense et des membres du commandement militaire ont été limogés. Les hauts gradés militaires et les juges sont formés normalement dans les université américaines. Dans le sillage de ce coup d’État organisé le président Zelaya, les ambassadeurs du Venezuela, de Cuba et du Nicaragua ont arrêtés et battus avant d’être relâchés. Ce coup d’État contre le président Hondurien rappelle celui de 2002 fomenté contre Hugo Chavez qui avait alors été séquestré pendant trois jours avant qu’il rejoigne le palais présidentiel des Miroflores sous la pression de la rue et du soutien des classes pauvres de La capitale Caracas. 

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Honduras, coup d’Etat, président Zelaya,        

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27 juin 2009

LES MASSES ALIENEES

LES MASSES ALIÉNÉES

La mort de Michael Jackson et les délires médiatiques et populaires qui s’ensuivent montrent un phénomène inhérent à la société capitaliste, l’aliénation des masses. L’aliénation est engendrée par la division du travail qui sépare l’homme des produits de son travail et par l’asservissement du créateur par l’objet de sa création. On ne peut parler d’aliénation que lorsque les hommes voient la division du travail comme une puissance qui les asservit et à laquelle ils doivent se soumettre. La conséquence sociale et psychologique de l’aliénation est la désintégration des anciens cadres sociaux, familles et communautés et l’émergence de l’individu solitaire, l’homme de masse. Mais la dissolution de la communauté en atomes individuels a été une condition nécessaire de la propagande politique qui doit rassembler les individus pour en faire une masse mobilisable à volonté.

La manifestation subjective la plus remarquable de l’aliénation est à la fois l’impuissance et l’impression de non-sens. Les hommes aliénés sont avant tout des hommes du non-sens qui ont perdu le sens du mouvement et de l’orientation dans l’espace et dans le temps. La perte de sens dans les sociétés capitalistes apparaît d’abord dans l’utilisation du temps et de l’espace qui sont mesurés l’un et l’autre en fonction de la production, du rendement, de l’efficacité. La ville n’est plus un espace fait pour les hommes mais les hommes pour la ville. L’espace urbain est un espace déshumanisé dominé par de gigantesques moyens techniques destinés à créer les conditions objectives et subjectives de la production de la plus-value et de sa reproduction à échelle élargie. Le temps n’appartient pas non plus aux hommes, car la vie quotidienne est morcelée suivant une logique mercantile et une organisation qui vise de plus en plus à l’efficacité technique et économique et à l’exploitation des hommes. De plus, le temps est manipulé par les mass medias qui abrutissent et qui annihilent toute faculté critique chez leurs victimes. Le temps est un temps mesuré en cadences, en prix horaires et en nombre d’objets produits. Même le temps dit libre est un temps volé et exproprié comme la plus-value au salarié, car les mass media, aux mains de quelques groupes capitalistes dominants, manipulent le psychisme individuel pour inciter les masses à la « consommation culturelle », source de profit pour les grands capitalistes mais aussi des loisirs débiles et abrutissants pour les hommes. Certes la technique a permis la libération du temps libre mais ce temps libre est récupéré soit dans les heures supplémentaires pour rentabiliser des machines de plus en plus coûteuses soit par la canalisation des activités dites de loisirs par des profiteurs qui trouvent des proies faciles pour développer la consommation dans le sens le plus avantageux pour leurs affaires. En se laissant guider par le sens des choses et des événements qu’imposent la classe dominante et ses relais médiatiques et culturels, les hommes ont perdu le sens de leur propre vie et celui de leurs propres conditions d’existence. C’es, à proprement parler, une aliénation du sens.

Si le temps et l’espace sont l’expression du non-sens et de la désorientation des hommes dans les sociétés capitalistes, c’est parce que tout est calculé, non en fonction du profit et du bine collectifs mais de la quantité d’argent que peuvent entasser et accumuler des individus et des groupes privés. Certes, l’argent est le signe de la réussite personnelle, de l’efficacité et de la puissance, mais comme l’argent n’a pas de sens en lui-même, la vie devient un vide sidéral. Les hommes ne peuvent plus donner un sens à leur travail qui devient simplement un moyen de gagner de l’argent soit pour survivre pour les pauvres soit pour se donner des « loisirs » pour les plus riches soit pour acquérir et exercer de la puissance pour la classe privilégiée. L’individu totalement dépossédé du sens n’a plus conscience ni de ses aspirations ni de ses conditions d’existence. Il devient en quelque sorte étranger à lui-même. L’aliénation est par conséquent la dépossession de l’individu de ses moyens intellectuels, condition de son renoncement involontaire et de son asservissement social, économique, politique, idéologique et culturel. Dans nos sociétés actuelles, il n’y a pas que le prolétariat qui est victime de l’exploitation capitaliste, il y a aussi un prolétariat de soumission composé d’hommes aliénés et asservis mentalement et intellectuellement. Il y a sans aucun doute des individus qui ressentent confusément les effets d’un système qui les opprime et dont ils sont victimes mais ils s’avouent impuissants pour réagir contre cette domination. Cette inertie et cette impuissance engendrées par l’aliénation et le non sens ont été maintes fois exprimées par les uns quand ils parlent de la solitude dans la foule et par les autres quand ils évoquent le néant, l’absurde et le mythe de Sisyphe (Camus). Le système capitaliste incite les hommes à courir de plus en plus vite mais pour aller où ? De quelque côté que l’on se dirige, c’est encore et toujours le vide et le non sens que l’on rencontre à la fin de la course. C’est parce que les hommes ont perdu le sens du mouvement et de l’orientation dans le temps et dans l’espace, qu’ils s’accrochent désespérément à des idoles et à dieux vivants. Avant, ce sont les saints qui faisaient l’objet de dévouement et d’adoration, aujourd’hui, ce sont les amuseurs publics de tout poil, chanteurs, acteurs du cinéma, hommes politiques, etc On ne comprendrait pas les réactions délirantes des masses à l’annonce de la mort de Michael Jackson si l’on perdait de vue le phénomène de l’aliénation qu’engendre la division du travail dans les sociétés capitalistes. 

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Mort Michael Jackson, aliénation, masses, mass medias,

25 juin 2009

LA REVOLUTION IRANIENNE EST-ELLE UNE REVOLUTION?

LA RÉVOLUTION IRANIENNE EST-ELLE UNE RÉVOLUTION ?

Certains zélotes marxistes considèrent que les contestations et les manifestations dans les rues de Téhéran annoncent l’imminence d’une révolution en Iran. Ils se trompent lourdement dans leurs analyses et leurs commentaires sur le sens et la portée des événements qui secouent actuellement la capitale iranienne. La crise qui suit la réélection du président sortant Mahmoud Ahmadinejad a révélé au grand jour la lutte de classes dans un pays gouverné par l’islam politique mais en aucun cas le début d’un processus révolutionnaire. La lutte des classes et l’exacerbation des contradictions sociales au sein d’une société donnée ne signifient nullement que les conditions se prêtent à une révolution ni que les acteurs en place soient prêts à franchir le Rubicon et à faire la révolution.

Comme nous l’avons dit dans l’article précédent (lutte de classes en Iran), la révolution iranienne n’est pas une vraie révolution, car la conquête du pouvoir politique par des Mollahs et les Ayatollahs iraniens n’a pas entraîné des bouleversements dans les rapports sociaux, notamment dans la forme de propriété des moyens de production. Rappelons pour mémoire pour qu’une révolution mérite le nom de révolution, il faut que les hommes qui la mènent aient l’intention d’abolir les anciens rapports de production en les remplaçant par de nouveaux rapports sociaux susceptibles de faire aux forces productives un bond en avant considérable. Tel est le schéma général d’une révolution sociale. La révolution iranienne de 1979 est loin de satisfaire à ce critère si on la compare aux grandes révolutions, la Révolution française, la révolution russe ou la révolution chinoise.

Depuis l’avènement du régime islamique en Iran en 1979, le régime de propriété reste inchangé, c’est-à-dire celui de tous les pays capitalistes, la propriété privée des moyens de production. Dans l’Iran des Mollahs et des Ayatollahs, il y a, comme dans tous les autres pays capitalistes, des classes sociales, des exploiteurs et des exploités, des possédants qui, grâce au régime de la propriété privée des moyens de production, peuvent exploiter comme bon leur semble ceux qui n’ont que leur muscles et leurs bras à vendre moyennant salaire. Il est tout à fait naturel que dans une société de classe, comme c’est le cas de la société iranienne actuelle, qu’il y ait heurts et luttes entre les classes et fractions de classes pour la conquête du pouvoir politique. Dans une société de classe, la lutte pour la transformation du système économique trouve son expression concentrée dans la lutte politique pour la prise du pouvoir d’Etat.

Les manifestations et les protestations  qui ont suivi la réélection du président sortant Mahmoud Ahmadinejad ne peuvent en aucun cas être considérées comme un début d’une révolution nationale et populaire contre le régime des Mollahs iraniens. Il n’existe pas actuellement en Iran une bourgeoisie nationale émanant des tréfonds de la société autochtone et indigène comparable aux bourgeoisies européennes et américaine. Comme dans la phase ascendante du capitalisme du XVIIe au XIXe siècle, tous les États capitalistes, l’Europe et les Etats-Unis connurent l’un après l’autre des révolutions nationales et démocratiques menées par des bourgeoises nationales autochtones. Ce sont ces dernières qui furent le moteur de ces révolutions dans la mesure où elles abolirent les anciens rapports sociaux féodaux en les remplaçant par de nouveaux rapports sociaux plus adaptés à l’état du développement des forces productives. Au terme de toutes ces révolutions, les bourgeoisies nationales conquirent le pouvoir politique et établirent leur domination sur l’ensemble de la société.

Mais les impératifs de l’expansion mondiale du capital entraînèrent la formation d’un système mondial, l’impérialisme stade suprême du capitalisme. Durant la phase impérialiste, des États croupions, des proto-Etats ou des proto-nations, furent créés en dehors du continent européen là où il y avait des matières premières et des débouchés pour le capital européen et américain. Tous les États du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie sont des créations artificielles engendrées par le système impérialiste et par la mondialisation du capital.  Tous les États du Moyen-Orient, d’Afrique et d’Asie sont en réalité des États croupions, des proto-Etats ou des proto-nations dont les frontières furent tracées non pas en respectant les lois de l’histoire et de la géographie de chaque peuplement mais en fonction des nécessités de développement du capital mondial et de la volonté de contrôler certaines zones stratégiques par les puissances impérialistes occidentales. À l’intérieur des frontières de ces États croupions promus artificiellement États indépendants par l’ONU, installèrent au pouvoir des valets autochtones chargés de gérer comme un bon père de famille leurs intérêts. Ces valets autochtones, on les appelle habituellement les bourgeoisies compradore ou encore des lumpen-bourgeoisies. Ce qui caractérise ces bourgeoisies compradore ou lumpen-bourgeoisies, c’est leur dépendance intrinsèque vis-à-vis de leurs maîtres dans les métropoles impérialistes occidentales. Ces lumpen-bourgeoisies ne sont nullement le produit d’une histoire naturelle et d’une géographique propre à un peuple nation mais une pure création des colonisateurs et des impérialistes occidentaux, leur cheval de Troie. Les lumpen-bourgeoisies des pays du tiers monde prétendent défendre par le discours les intérêts de leurs peuples mais elles sont en réalité des valets qui sont en service commandé pour défendre au mieux les intérêts de leurs maîtres dans les métropoles impérialistes. En cas de menace sur ces intérêts, les lumpen-bourgeoises des Etats du tiers monde se transforment aussitôt en traîtres et en comploteurs contre leurs propres peuples. Comme tous les traîtres de leur acabit, les lumpen-bourgeoisies ne livrent jamais un combat à visage découvert mais ils trahissent les intérêts de leurs peuples avec sournoiserie et intelligence grâce aux conseils avisés des services secrets de leurs maîtres occidentaux.

Il est vrai que ces lumpen-bourgeoisies n’agissent jamais à visage découvert contre leurs peuples mais l’histoire a montré aussi que,dans certains pays, peuvent être démasquées et combattues par des forces révolutionnaires indigènes. Les révolutions russe, chinoise et cubaine sont des exemples où des forces sociales révolutionnaires étaient en mesure de démasquer le jeu des lumpen-bourgeoisies et de déterminer leur rôle comme un maillon dans la chaîne impérialiste. En observant de plus près les acteurs des protestations en Iran depuis la réemption du président sortant, Mahmoud Ahmadinejade, on a du mal à trouver des points de comparaison avec ceux des révolutions russe, chinoise ou cubaine. Mir Hussein Moussaoui ou Karoubi ne sont ni Lénine, ni Mao ni Castro. Les leaders des mouvements de contestation en Iran ne sont même pas les mencheviks, les Kerenski et les Tchang Kay Tchek iraniens. Ce qui se passe aujourd’hui en Iran, ce sont des luttes politiques entre une fraction des élites cléricales contre une autre fraction. Dans ces luttes intestines, l’une des fractions représentée par le guide suprême Khamenei et par Mahmoud Ahmadinejade qui s’appuie sur les classes populaires iraniennes contre l’autre fraction représentée par Moussaoui, Karoubi, Rafsanjani, Khatami qui défendent les intérêts de la lumpen-bourgeoisie iranienne. Dans les programmes de ces deux fractions qui sont en lutte pour le pouvoir à Téhéran, il n’existe ni projet politique ni volonté de transformer les rapports sociaux. Dans l’Iran des mollahs et des Ayatollahs, il n’y a pas non plus de forces et de mouvements révolutionnaires aspirant à la conquête du pouvoir politique et capable de couper le cordon ombilical avec la métropole impérialiste comme ce fut le cas avec les révolutions russe, chinoise et cubaine. Les zélotes marxistes qui ont vu dans les événements iraniens les prémisses d’une révolution sont allés un peu vite en besogne, car les manifestants et les protestataires de la place de la Révolution(EL INKILAB) à Téhéran ne sont ni les foules révolutionnaires qui prirent la Bastille le 4 août 1789 lors de la Révolution française, ni les soviets qui s’emparèrent du Palais d’Hiver le 26 octobre 1917.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Iran, Révolution, bourgeoisie compradore, lumpen- bourgeoisie

19 juin 2009

LUTTES DES CLASSES EN IRAN

LA LUTTE DE CLASSES EN IRAN

Dans un précédent article, nous avons voulu montrer que les événements post électoraux en Iran pouvaient suggérer un rapprochement avec les révolutions rose et orange en Géorgie et en Ukraine(voir le Remake uranien des révolutions rose et orange). Mais l’Iran n’est ni la Géorgie ni l’Ukraine et tout indique que les mouvements de protestation contre la réélection de Mahmoud Ahmadinejade vont se résorber progressivement dans quelques jours et que les choses vont reprendre leur cours normal. La crise actuelle, la plus importante depuis 30 ans, à laquelle se trouve confrontée la République islamique d’Iran va donner des fils à retordre et au gouvernement actuel et au régime des Mollahs iraniens. Les séquelles psychologiques et politiques de cette crise marquent un tournant dans l’histoire de la révolution et vont entraîner par voie de conséquence une recomposition au sein du pouvoir et des cercles dirigeants du pays.

Mais au-delà des événements qui ont secoué l’Iran, il faudra analyser l’ensemble des éléments qui se sont dégagées au cours de cette crise et essayer de les mettre en perspective. Avant d’aller plus loin, précisons d’emblée que la révolution iranienne n’est pas vraiment une révolution proprement dite comme les grands révolutions de l’histoire, la Révolution française, la Révolution russe ou la Révolution chinoise. Une révolution se caractérise par les traits suivants : 1) destruction des anciens rapports de production et leur remplacement par de nouveaux rapports sociaux plus adaptés aux besoins du développement économique ; 2) conquête du pouvoir politique par une nouvelle classe dirigeante qui établit sa suprématie. Une révolution ne peut pas se déclencher ni à plus forte raison triompher à n’importe quel moment. Il faut pour cela un minimum de conditions : exacerbation extrême des contradictions fondamentales de la société, crise nationale affectant les exploités et les exploiteurs, situation pré-révolutionnaire.

La soi-disant révolution iranienne ne possède aucun des attributs d’une révolution classique, la révolution française ou la révolution russe par exemple. Le renversement du régime du Chah et la fin du règne de la famille Pahlavi n’ont pas entraîné la destruction des anciens rapports sociaux et leur remplacement par de nouveaux rapports sociaux adaptés aux besoins du développement économique révolutionnaire. La propriété privée des moyens de production n’a pas été abolie et il n’y a pas eu une réforme agraire comme en Russie ou en Chine visant à redistribuer la terre aux paysans. Bien au contraire, les Mollahs iraniens sont des anticommunistes et ils sont hostiles à toute forme de collectivisme ou de redistribution des terres et des richesses aux paysans et aux classes pauvres. Ce qui s’est passé en Iran. en 1979, c’est une révolution de palais où l’élite iranienne laïque a été remplacée par une nouvelle élite religieuse, les Mollahs et les Ayatollahs. En février 1979, c’est l’arrivée de l’islam politique au pouvoir en Iran. Mais l’islam politique n’a pas une vocation révolutionnaire dans le sens où il n’a pas un projet clair, net et précis visant à détruire les anciens rapports sociaux et à les remplacer par de nouveaux rapports sociaux adaptés aux besoins du développement économique. L’Islam politique fait appel aux sentiments religieux des croyants et des fidèles pour mobiliser la rue et pour chasser des dirigeants corrompus mais il n’a ni projets ni alternatives crédibles et originaux pour jeter les structures d’une société nouvelle. Si l’Islam politique n’est pas une force de transformation et de progrès mais une force de régression et de conservation, c’est parce qu’il est à la fois le rejeton et le prolongement de l’impérialisme et du capitalisme mondial. La crise actuelle en Iran témoigne de l’incapacité de l’Islam politique à s’émanciper à l’égard de son créateur et de son géniteur, l’impérialisme et le capitalisme. Les luttes auxquelles se livrent actuellement conservateurs et modérés au sein du pouvoir iranien montrent si besoin est et la crise et l’impasse de l’Islam politique qui n’a ni projet ni vision claire de l’avenir. L’Islam politique est le produit d’un système impérialiste au sein duquel il est condamné malgré lui à végéter. .

L’Islam politique a toujours nié la réalité des classes sociales et de leurs luttes comme moteur de l’histoire. Les événements iraniens actuels lui apportent un démenti cinglant puisque nous assistons aujourd’hui à une véritable lutte de classes. Il y a d’un côté la classe des exploités représentée par le président sortant et réélu Mahmoud Ahmadinejade et de l’autre la bourgeoisie iranienne représentée par les candidats modérés et par des anciens et nouveaux hauts dignitaires du régime. Quand on parle de bourgeoisie dans les pays du tiers-monde, il faut entendre par ce terme la bourgeoisie compradore qui est l’émanation du système impérialiste et du capitalisme mondial. Les bourgeoisies compradore défendent leurs propres intérêts et elles sont les alliés objectifs des forces impérialistes mondiales. D’autre part, les analystes et les commentateurs considèrent que les meneurs des mouvements de contestation en Iran appartiennent aux classes moyennes. D’abord, les classes moyennes ne forment pas une classe en soi mais elles sont des groupes sociaux intermédiaires mis au service du capital et de la bourgeoisie. Ensuite, les mouvements de contestation sont composés de groupes hétérogènes n’ayant aucun objectif en commun si ce n’est la protestation contre les résultats de l’élection présidentielle. Enfin, les actions et les moyens déployés par les contestataires sont financés par des ONG étrangères comme ce fut le cas lors des révolutions rose et organe en Géorgie et en Ukraine. Ceux qui mènent la contestation contre le régime iranien n’ont aucune conscience politique, ils sont tout simplement des mercenaires payés par des forces étrangères pour semer le désordre dans la rue et pour crier des slogans hostiles au président réélu. C’est à quoi nous assistons aujourd’hui en Iran, c’est une lutte de classes entre les classes exploitées iraniennes représentées par Mahmoud Ahmadinejade et la bourgeoisie compradore représentée par les leaders qui mènent la contestation contre un président réélu démocratiquement. Le soutien de l’Occident à ces derniers est la preuve que les bourgeoisies des pays du tiers monde sont des bourgeoisies compradore et non des bourgeoisies proprement nationales et qu’en cas de menace sur leurs intérêts, elles n’hésitent pas à faire appel au soutien de leurs maîtres dans les métropoles impérialistes. 

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Iran, LUTTES DE CLASSES, pouvoir, contestation,

18 juin 2009

MAINTENIR LE PEUPLE DANS L'IGNORANCE

MAINTENIR LE PEUPLE DANS L’IGNORANCE POUR MIEUX LE DOMINER

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : domination, peuple, ignorance, croyance, religion, science, propagande

Pour dominer le peuple, il faut le maintenir dans l’ignorance. Pour y parvenir, il existe deux voies : la religion et la lobotomisation. C’est une leçon d’histoire, la religion a toujours été l’instrument privilégié des classes dominantes pour gouverner le peuple. La religion est d’abord un outil simple à manier au sein des sociétés profondément religieuses. Pour les classes dominantes, il n’y a pas beaucoup de travail à fournir pour dominer le peuple mis à part le maintien et l’entretien de la flamme de la religion par des prières des incantations, des rites et des traditions hérités du passé. C’est pourquoi le travail des gouvernants dans les sociétés religieuses est largement simplifié, car la religion fait l’économie de la pensée et de l’explication. Un peuple imprégné par la religion n’a pas à se demander si la soumission dans le monde terrestre est l’expression d’une volonté divine. Pour le simple fidèle et pour le croyant, la question de la domination sociale ne se pose jamais, car la religion a déjà fait un premier travail en amont en transformant les hommes en esclaves de Dieu et d’autres hommes. Pour un croyant ou un fidèle, point d’explications ou de discussion, la soumission et la domination font partie de l’ordre naturel des choses. L’emprise de la religion simplifie grandement le travail des classes dominantes qui n’ont pas à expliquer et à argumenter, car un fidèle ou un croyant n’a pas besoin de comprendre mais tout simplement de croire.

Dans les sociétés où la religion a perdu de son influence, les choses se présentent d’une manière différente. Dans les sociétés non religieuses, en l’occurrence les sociétés occidentales, les classes dominantes ont mis à contribution les résultats des recherches physiologiques et anatomiques sur le cerveau humain et son mode de fonctionnement. Grâce à l’endocrinologie et la neurophysiologie, science des sécrétions internes, on a découvert le les sécrétions internes, les hormones, l’existence des centres de mouvements de réflexe et des zones dans le cerveau qui peuvent être excitées ou modifiées par certaines hormones ou par certains poisons administrés à très petites doses. Les expériences de laboratoires ont montré que certaines zones du cerveau peuvent être excitées par les sons, la lumière et les images qui jouent un grand rôle dans l’inhibition ou la désinhibition des réflexes conditionnés. Mais on peut également affaiblir la faculté de résistance des mécanismes nerveux supérieurs comme l’écorce cérébrale ; il suffit de provoquer une généralisation de l’inhibition interne, ce qui est identique au sommeil, ou d’avoir recours à la fatigue. Quand une partie de l’écorce cérébrale est affaiblie, l’ordre donné à l’individu devient irrésistible grâce à l’irradiation dans toute l’écorce de l’inhibition causée par cet ordre. Ce phénomène du sommeil d’une partie du cerveau est un préalable à la suggestion qui survient dans un état d’affaiblissement  physiologique.  La question de la suggestion revêt une importante capitale pour la propagande politique dont le but est de modifier et d’orienter le psychisme humain dans un sens ou dans un autre. L’ignorance est donc le meilleur milieu pour former des masses se prêtant facilement à la suggestion (sur les différentes techniques relatives à l’affaiblissement physiologique et psychique de l’individu, voir l’article qui suit « Pollution sonore, pollution psychologique et propagande politique »

Ce qui est commun au peuple religieux et au peuple manipulé, c’est l’ignorance. Un homme ignorant est un être servile et soumis facilement à la suggestion et aux ordres. L’horizon de l’homme ignorant est tellement borné que tout dans le monde lui paraît aller de soi et que les objets ordinaires qui l’entourent ne le questionnent guère. L’existence de l’homme ignorant a quelque chose de fébrile et d’enfermé. L’homme ignorant est prisonnier de son assurance dogmatique qui l’empêche de s’interroger sur les raisons et les conditions de son de son ignorance. L’homme ignorant ne se doute pas un seul instant que sa servilité psychique est la condition sine qua non de la domination d’une classe sociale qui cherche coûte que coûte à maintenir le peuple dans l’ignorance. 

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16 juin 2009

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

« Cet article a été publié pour la première fois sur le site mecanopolis. La re-publication s’inscrit dans le contexte de la guerre psychologique internationale menée conte l’Iran suite à la réélection du président sortant Mahmoud Ahmmadinejad. Cet article pourrait contribuer à mieux comprendre les techniques et les buts de la guerre psychologique. Selon l’agenceIRNA, le ministère de la culture iranienne vient d’interdire à la presse étrangère tout travail sur le terrain. Cette décision du gouvernement iranien rappelle à bien des égards celle du gouvernement biélorusse qui avait ordonné l’expulsion de la presse étrangère lors de la Révolution des tulipes. Si la Biélorussie n’avait pas alors expulsé les journalistes étrangers présents sur place qui faisaient plus de la désinformation que de l’information, l’opposition soutenue et financée par les forces impérialistes étrangères aurait conquis le pouvoir comme en Géorgie et en Ukraine» 

Quand on évoque la question de la guerre dans la vie internationale, on pense immédiatement à la guerre militaire. Mais on oublie très souvent qu’à côté des conflits armés et de la guerre militaire entre les États, il existe une autre guerre qui les précède et qui les prépare, la guerre psychologique. À la place des obus et des missiles qui tuent sur le coup, la guerre psychologique internationale utilisent des mots et des images transmis par des moyens de communication de masse(MCM) qui produisent et diffusent des milliards d’informations et qui touchent instantanément, en quelques fractions de seconde des milliards d’hommes à travers la planète.  Ces milliards de messages vont servir de support à la propagande politique et militaire dont l’objectif est de modifier la machinerie psychique des hommes en leur inculquant des leviers psychiques d’adhésion ou de rejet des personnes, des idées, des propositions, des concepts, des programmes, des politiques, des groupes, des races, des religions, des nations ou des Etats. Ces leviers psychiques opèrent sous forme de réflexes conditionnés déclenchés à distance par des meneurs, grâce à des mots-clés poison ou des mots-clés vertus, des images, des messages, des symboles, des slogans. 

CONDITIONS DE LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE

Une guerre psychologique ne s’improvise pas et comme toute guerre, il faut la préparer et bien la préparer s’il faut qu’elle atteigne ses objectifs. Elle présuppose un certain nombre de conditions relatives à la formation et à l’orientation de la machinerie psychique des masses et des foules. Une guerre psychologique internationale recourt à la même arme que n’importe quelle guerre psychologique se déroulant au sein des États nationaux. C’est arme s’appelle la propagande. La seule différencie entre les deux propagandes, nationale et internationale, c’est l’ennemi qui n’est pas un ennemi intérieur mais l’étranger, le « eux » et le « nous ». Quand l’ennemi change, ce sont les thèmes, les mots, les symboles et les mythes véhiculés par la propagande internationale qui sont amenés à changer en conséquence. Par exemple, une propagande nationale vise à faire croire aux citoyens de l’Etat-nation qu’ils vivent, eux, dans une vraie démocratie alors que les Etats communistes sont des dictatures. Pour la propagande capitaliste, les démocraties occidentales sont synonymes de liberté même avec une dictature capitaliste qui s’exerce sur l’ensemble de la société..

Puisque la guerre psychologique internationale consiste à diaboliser l’étranger, ce sont les multinationales de l’information, américaines et européennes, qui s’en occupent et qui jouent un rôle déterminant. Ces canaux de production et de diffusion de l’information possèdent un peu partout dans le monde, un grand nombre d’agences de nouvelles, de nombreuses entreprises de journaux télévisés et filmés, de journaux nationaux et locaux. Ces multinationales de l’information sont la propriété de quelques grands capitalistes et c’est cette concentration des moyens de production et de diffusion de l’information qui est la condition première de la propagande. Point de propagande sans concentration des moyens de communication de masse ou Mass Media. Pour qu’il y ait véritablement propagande, il faut une concentration dans la production et la diffusion de l’information, et cette concentration est imposée par le coût de revient de plus en plus élevé de la production et de la diffusion de l’information. Les quatre grandes agences de presse sont américaines et européennes: l’Associated Press(AP), United Press International(UPI), Reuters, AFP. Par exemple, l’Associated Press transmet environ 20 millions de mots par jour à plus de 10 000 abonnés ; toutes les 24 heures, environ deux milliards de personnes entendent ou lisent les informations qu’elle diffuse. L’AFP transmet environ 3 millions de mots par jour et ses journalistes sont en poste dans plus de 110 pays. Deux multinationales de l’information (UPI et AFP) fournissent à elles seules 65% des informations aux 16 Etats latino-américains.

FABRICATION DE « L’HOMME DE L’ACTUALITE INTERNATIONALE »

Les multinationales de l’information sont le support indispensable de toute guerre psychologique internationale. Ce sont elles qui suscitent des opinions publiques favorables à une guerre et qui influencent psychologiquement les citoyens des  Etats-nationaux pour soutenir les stratégies militaires et impérialistes de leurs gouvernements. Pour fabriquer des opinions publiques à la commande, ces multinationales de l’information fabriquent ce qui est convenu d’appeler « l’homme de l’actualité internationale ». D’abord, l’information qu’elles produisent et qu’elles diffusent n’est jamais choisie au hasard et elle n’est rapportée que comme matériau pour la propagande. L’information rapportée n’est jamais une donnée brute ou un fait tout à fait objectif ; elle n’est rapportée et diffusée que pour intéresser l’homme qui sera amené à prendre une position vis-à-vis de tel événement. L’événement rapporté peut être un fait réel, existant objectivement mais il peut être aussi une simple information, c’est-à-dire un fait réel ou un fait supposé. Ce qui confère le statut d’actualité à un fait rapporté, c’est sa diffusion dans l’opinion. Ce qui fait l’actualité, c’est donc cette diffusion de l’information peu importe sa pertinence, la réalité objective ou la matérialité du fait rapporté. Contrairement aux idées reçues, il n’y a ni opposition ni séparation entre information et propagande, car l’une ne va pas sans l’autre et il est impossible d’établir une nette distinction entre information et propagande. La relation intrinsèque entre information et propagande réside dans le fait que les deux s’adressent non pas à la raison de l’homme et à son raisonnement logique mais aux sentiments et aux passions humaines. Ce qui est rapporté et diffusé dans l’opinion, c’est seulement ce qui fait machinalement réagir l’homme, car l’actualité à laquelle il se montre sensible, par rapport à laquelle il se positionne, peut n’avoir aucune existence objective ; ce qui facilite grandement le travail de la propagande. Mais celle-ci, en diffusant l’information dans l’opinion, peut éveiller un ensemble de faits qui deviennent à leur tour actualité à partir de laquelle elle peut bâtir son plan de campagne. Les termes, les mots et les images doivent faire « balle » et pénétrer pour donner plus de force et de puissance à une guerre ou à une agression extérieure en cours de préparation. Le public est prodigieusement sensible à l’actualité immédiate et il se fixe immédiatement sur l’événement spectaculaire qui exprime ses mythes mais aussi ses angoisses existentielles. Entre le fait et l’opinion, il n’existe donc pas de lien direct. En réalité, c’est l’actualité provoquée par la diffusion de l’information dans l’opinion qui charge les mots et qui donne aux images leur capacité explosive et affective. Pour envahir l’Irak et l’Afghanistan, les Etats-Unis ont exploité à fond les images des avions éventrant les tours du World Trade Center. Sans les événements du 11 septembre, la sempiternelle guerre sur le terrorisme n’aurait jamais eu l’écho que l’on sait, car les vrais terroristes sont notoirement connus, ce ne sont pas les intégristes musulmans qui n’ont que la rhétorique comme seule arme mais les Etats-Unis et l’Europe qui, grâce à leurs armes de destruction massives(les vraies ADM), n’arrêtent pas de semer la désolation, la terreur et la mort sur toute la planète. Sans le 11 septembre, la guerre au terrorisme serait une supercherie américaine de plus pour vendre au monde entier leurs guerres impérialistes. C’est pourquoi, la guerre contre les Talibans a été déclenchée immédiatement après le 11 septembre au moment où il faut battre le fer pendant qu’il est chaud et où l’opinion publique internationale était chauffée à blanc et conditionnée mentalement et psychologiquement.

FABRICATION DES OPINIONS PUBLIQUES

Etant donné que le message produit et diffusé ne touche pas un seul homme mais plusieurs millions voire des milliards d’individus en même temps et au même moment, les multinationales de l’information à façonner la machinerie psychique d’une opinion publique mondiale. La formation de l’opinion publique mondiale dépend intrinsèquement de ces puissants canaux d’informations. La condition première de toute guerre psychologique internationale est la marginalisation des opinions individuelles et la formation d’une opinion majoritaire ou une opinion prépondérante à l’intérieur de chaque Etat-nation. Cependant, il est utile de rappeler que 1)une opinion publique internationale n’est pas celle de la majorité ; 2) la minorité apparaît comme un corps étranger ou comme une bande de traîtres à la cause commune. C’est cette opinion publique ou opinion prépondérante qui va s’imposer d’une façon instinctive à la totalité. Par exemple, les pacifistes européens étaient qualifiés d’agents de Moscou en Occident. Il n’y a donc jamais une opinion publique spontanée et l’on dit qu’une propagande qui a atteint son objectif, c’est celle qui a réussi à défaire les opinions individuelles en les déconnectant de leur vécu immédiat pour les orienter vers des problèmes qui n’ont rien à voir avec leurs vrais problèmes existentiels. Par exemple, une propagande réussie est celle qui a détourné les individus de leurs conditions de classe et d’exploitation pour les orienter vers les problèmes de l’insécurité et de la sexualité en sachant que la vraie insécurité est l’insécurité matérielle, économique et financière et non pas le chien qui a mordu la vieille.

L’opinion publique internationale formée par ces multinationales de l’information est seulement une opinion informée et non pas une opinion raisonnée. En disant que l’opinion publique est une opinion informée et non pas une opinion raisonnée, cela ne signifie absolument pas qu’elle ne comprend pas en son sein que des imbéciles, des idiots et des incultes, mais que leur faculté de raisonnement a été altérée et neutralisée par l’inertie intellectuelle de l’opinion majoritaire. Cette opinion publique internationale informée par les multinationales de l’information est donc une opinion publique émue, crédule, bouleversée, troublée et sensible à la moindre suggestion. C’est parce que cette opinion publique est seulement une opinion informée et non une pas une opinion raisonnée qu’elle est par conséquent une opinion mouvante, éphémère et instable. C’est pourquoi les multinationales de l’information se doivent sans cesse de l’alimenter par un flux continu d’informations. C’est aussi ce flux ininterrompu d’informations qui fait que la propagande devient massive. Il n’y a donc jamais une opinion publique spontanée, mais une opinion publique sans cesse travaillée, entretenue et réactivée en amont et en aval selon un système de feed back par les multinationales de l’information et la propagande politique.

Pour les besoins de la guerre psychologique internationale, les multinationales contribuent certes à la formation d’une opinion publique informée, mais c’est une opinion publique qui est à la fois sous-informée sur les questions essentielles et sur-informée sur les sujets accessoires. Car les multinationales de l’information n’informent que sur des questions intéressant « l’homme de l’actualité internationale » et la propagande politique. Les multinationales de l’information n’informent jamais que sur des sujets et des questions spécifiques préalablement sélectionnés sur lesquelles cette opinion publique sera amenée à prendre position. L’information produite et diffusée par les multinationales de l’information n’a pas pour vocation d’éveiller la curiosité intellectuelle et le sens critique des hommes mais de créer une cristallisation psychologique dans une opinion publique. Les informations produites et diffusées par les multinationales de l’information sont des informations orientées et tendancieuses, car elles cherchent avant tout à durcir l’opinion publique sur tel point clef. Par exemple, les opinions publiques américaines et européennes sont surinformées sur les attentats terroristes attribués aux intégristes musulmans mais sur l’étranger en général, ces mêmes opinions publiques américaine et européenne n’ont le droit qu’à 15% des informations concernant l’actualité internationale. Quand les opinions publiques occidentales ignorent tout de la complexité des grands problèmes internationaux, leurs hommes politiques et la propagande politique peuvent les manipuler facilement et leur raconter n’importe quoi. Il reste toujours une minorité bien informée des grandes affaires du monde et elle peut toujours crier, s’opposer et raisonner mais elle ne parviendra jamais à faire entendre raison à une opinion publique aveugle. Des millions de manifestations ont défilé contre la guerre de Bush en Irak, qu’ont-ils fait pour l’empêcher ? L’ignorance et la sous-information donnent naissance à une opinion publique mouvante et versatile qui simplifie les problèmes et c’est exactement le but recherché par la propagande. Car tout le travail de la propagande politique consiste à simplifier les problèmes et c’est justement cette simplification qui est le gage de réussite de toue guerre psychologique internationale. Le maintien des opinions publiques occidentales dans l’ignorance quasi totale de l’actualité internationale s’avère une nécessité politique et idéologique pour les décideurs politiques et militaires, car une propagande menée à l’échelle internationale par les Etats impérialistes ne pourra prospérer qu’avec des opinions publiques ignorantes et sous-informées. C’est ce qui a permis à Hitler de réussir sa guerre psychologique en Europe avant le déclenchement de la guerre. Ecoutons Goebbels, ce grand théoricien de la propagande nazie, comment il définit le but l’action de la propagande « La propagande, en simplifiant la pensée des masses, en la ramenant à ses schémas primitifs, a pu présenter les processus complexes de la vie politique et économiques dans leurs termes les plus simples… Nous avons pris des complexes de faits accessibles autrefois aux seuls spécialistes et à un petit nombre d’experts, et nous les avons portés dans la rue, nous les avons enfoncés à coup de marteau dans le cerveau du petit homme »(Wesen und gestalt des National sozialismus, 1935). D’ailleurs, la première action d’Hitler, une fois au pouvoir, fut la création d’un ministère de la propagande, à la tête duquel était placé Goebbels.

LA GUERRE PSYCHOLOGIQUE INTERNATIONALE : QUELQUES EXEMPLES

Une guerre psychologique internationale vise à obtenir une victoire, avant de tirer une seule balle sur un ennemi étranger suivant la distinction « eux » et « nous ». Une guerre psychologique est menée dans un but spécifique, faire l’économie des forces et vaincre l’ennemi étranger soit en l’éliminant physiquement soit obtenir sa capitulation pure et simple. Voici quelques exemples de guerre psychologique internationale:

-         Pour battre la France en Sarre en 1936, Hitler eut recours à une guerre psychologique intense fondée sur la peur. Après un plan de campagne étalé sur trois mois, Hitler avait menacé quelques jours avant le plébiscite en Sarre, d’y provoquer un putsch et d’y introduire les troupes « pour garantir l’ordre ». Cette menace avait payé et Hitler avait gagné son pari. Pour réoccuper la Rhénanie, Hitler avait utilisé le même bluff en faisant croire que ses troupes allaient pénétrer en Rhénanie sans munitions.

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-         Pour réaliser son plan de l’Anschluss, Hitler avait provoqué des situations laissant planer une guerre totale alors qu’il n’existait aucune menace réelle immédiate. Pour battre le fer pendant qu’il est chaud, Hitler avait orchestré une propagande en vue de l’annexion de la Tchécoslovaquie en déclenchant une campagne de presse, d’injures, de revendications et de menaces.

-         La capitulation de Munich est un exemple-type de guerre psychologique internationale. Avant la signature de l’accord de Munich, la propagande hitlérienne tournait à plein régime pour propager dans les opinions publiques européennes l’angoisse et l’anxiété. Les conséquences de Munich sont: l’affirmation de l’Allemagne nazie en Europe centrale; l’isolement de la France et la consolidation de la position de Mussolini.

-         Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, les Etats-Unis avaient lancé la bombe atomique sur Hiroshima. Les historiens nous disent qu’il était nécessaire de tuer 100 000 civils non-combattants pour mettre fin à la guerre. Mais au moment où les Etats-Unis avaient lancé leurs bombes sur Hiroshima et Nagasaki, la guerre contre le Japon était presque finie et toutes les résistances japonaises étaient presque brisées. Il n’y avait aucune raison plausible d’avoir recours à cette arme de destruction massive(ADM). En réalité, cette bombe faisait partie d’une guerre psychologique internationale menée par les Etats-Unis pour montrer leur supériorité militaire et pour affirmer leur hégémonie mondiale. C’est pourquoi les Américains avaient alors tout fait pour empêcher que les Soviétiques de se doter de l’arme atomique comme ils le font aujourd’hui avec l’Iran.

-         Le conflit de Berlin et le fameux « pont aérien » fait partie d’une guerre psychologique entre l’Est et l’Ouest.

-         La guerre froide entre l’Est et l’Ouest est une guerre psychologique internationale ayant poussé les Etats-Unis et leurs alliés occidentaux à créer l’OTAN et les Etats communistes à créer le pacte de Varsovie. La guerre froide fut l’occasion pour les Etats-Unis de mettre en place des moyens destinés à influencer psychiquement les États communistes par l’intermédiaire de la presse et de la radio(Radio Free Europe, Radio Liberté financée par la CIA)

-         La crise des fusées à Cuba et la guerre psychologique qui s’en est suivie poussent les Etats-Unis et l’Union soviétique à s’engager dans la voie de la coexistence pacifique en signant une série de traités limitant la prolifération des armes atomiques et bien d’autres traités, le traité de Moscou le 5 août 1963 interdisant les essais d’armes nucléaires dans l’atmosphère, entre autres.

-         Exploitant les grèves des ouvriers polonais du chantier de Gdansk, les Etats capitalistes ont mené une intense guerre psychologique contre le gouvernement communiste polonais. Pour montrer sa détermination, Carter avait lancé le slogan »Ne touchez pas à la Pologne » qui est un avertissement à l’Union soviétique pour ne pas intervenir militairement en Pologne. Le candidat Reagan et l’Otan avaient fait de même en dramatisant la situation en Europe pour justifier l’implantation de fusées américaines, la relance de la course aux armements atomiques et la construction de la bombe à neutrons. Tous les centres de propagande capitalistes étaient mobilisés à l’occasion pour désinformer et désintoxiquer leurs opinions et pour retourner l’opinion publique polonaise contre le gouvernement communiste.

-         Pour épuiser économiquement l’Union soviétique et les Etats socialistes, le camp capitaliste occidental avait orchestré une guerre psychologique visant à relancer la course aux armements en arguant de la supériorité militaire soviétique en Europe. Prétextant du déploiement soviétique de 342 SS 20 en 1977, l’Otan avait alors décidé de planter en décembre 1979, suivant un plan quinquennal, 572 têtes nucléaires si les pourparlers de Genève n’aboutissaient pas. On se souvient de cette phrase prononcée par Mitterrand au Bundestag le 20 janvier 1983 en parlant des opposants à la course aux armements en Europe « les missiles sont à l’est et les pacifistes à l’Ouest ». En réalité, en demandant aux Allemands le déploiement des Pershing américains sur leur sol, Mitterrand menait une simple guerre psychologique quand il dit lui-même que son idée de déploiement des Pershing en Europe «n’était pas une condition mais une étape psychologique dans les relations franco-soviétiques ». cité dans « la décennie Mitterrand », de Pierre Favier et Michel Martin Roland.

-         Pour démanteler l’ex-Yougoslavie, les États capitalistes ont mené une intense guerre psychologique contre Milosevic et le gouvernement serbe en parlant de génocide des Albanais.

-         L’intervention des États capitalistes au Kosovo en 1999 avait été précédée d’une intense guerre psychologique sur un prétendu génocide des Kosovars.

-         Avant l’invasion de l’Irak, les Etats-Unis ont mené une intense guerre psychologique sur les prétendues armes de destruction massives de Saddam. Nous avons tous encore en mémoire cette image du Secrétaire d’État, Colin Powell, au Conseil de sécurité de l’ONU montrant dans une main un échantillon et des photos satellites des bâtiments de stockage contenant soi-disant Armes de destruction massive (ADM)

-         La guerre psychologique internationale a été orchestrée par les Etats-Unis et la Grande Bretagne contre le Zimbabwe et le président Mugabe après l’expropriation des Blancs et la redistribution des terres expropriées aux paysans pauvres.

-         Une guerre psychologique est menée actuellement contre le président Vénézuelien Hugo Chavez et sa révolution bolivarienne.

-         Une guerre psychologique internationale est actuellement contre l’Iran et son programme nucléaire. Cette guerre psychologique internationale orchestrée les mass media contrôlées par le lobby américano sioniste vise à priver l’Iran de son droit à la maîtrise de l’énergie nucléaire et à l’arme atomique comme toutes les puissances atomiques du monde et Israël qui possède entre 150 et 200 têtes nucléaires.

-         Un dernier exemple de guerre psychologique internationale est Le mandat d’arrêt délivré par le Tribunal Pénal International contre le président soudanais en exercice Omar El-Bachir. Cette guerre psychologique internationale est menée par les Etats-Unis, l’Europe et Israël sous prétexte de génocide au Darfour pour déstabiliser le gouvernement soudanais et pour diviser le pays comme en Irak. Le but recherché par l’Occident et Israël à travers cette guerre psychologique contre le Soudan, est de provoquer la séparation la région du Darfour riche en pétrole.

-         Depuis la réélection du président iranien sortant, Mahmoud Ahmadinejad, une intense guerre psychologique est menée par les médias occidentaux dans le but de créer une pression interne qui viendra s’ajouter aux pressions internationales depuis que l’Iran commence à se doter d’une industrie nucléaire civile.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : guerre psychologique, multinationales de l’information, opinion publique internationale, techniques,

15 juin 2009

LE REMAKE IRANIEN DES REVOLUTIONS ROSE ET ORANGE

TROUBLES POST ÉLECTORAUX À TÉHÉRAN :

LE REMAKE IRANIEN DES RÉVOLUTIONS ROSE

Si l’on essaie de comprendre la portée des troubles et des manifestations qui se déroulent actuellement à Téhéran après la réélection triomphale du président sortant Mahmoud Ahmadinejad, il n’y a pas l’ombre d’un doute sur leurs origines et leurs commanditaires qui sont les Etats-Unis et leurs satellites arabes et sionistes dans la région du Moyen Orient. Ce sont deux éléments qui nous font dire que les manifestations de masse contre la réélection du président sortant ne sont pas spontanées et n’ont aucun rapport avec les résultats de l’élection présidentielle iranienne mais qui sont orchestrées et télécommandées par des forces étrangères. D’abord, la furie des médias occidentaux sous influence du sionisme international contre la réélection du négationniste Ahmadinejad. Ensuite, la similitude des événements entre ce qui s’est passé en Iran après la proclamation des résultats officiels de l’élection présidentielle et les deux révolutions rose en Géorgie et orange en Ukraine.

Le motif de la contestation qui est à l’origine des troubles et des manifestations est on ne peut plus ridicule pour qu’il soit crédible. Car, même s’il y a fraude électorale ou irrégularités dans les modalités de l’élection, et à coup sûr il y en a eu, l’écart des voix entre les deux candidats qui est tout de même de 12 millions de voix est tel qu’il ne changera rien aux résultats définitifs. Par ailleurs le candidat perdant de l’opposition Mir Hussein Moussaoui est incapable de produire ses preuves pour corroborer la thèse de la fraude électorale. Il y a en revanche une preuve indiscutable de la victoire du président sortant qui a obtenu 52% des voix à Téhéran contre 46% à son rival perdant Moussaoui. Ajoutons à cela, ce dernier a également échoué dans les autres villes et régions iraniennes. La fraude électorale n’est qu’un prétexte pour mise en œuvre d’un plan de déstabilisation du régime iranien à l’instar de ce qui s’est passé en Géorgie en 2003 et en Ukraine en 2004. Les troubles et les manifestations à Téhéran depuis samedi après la proclamation officielle de la élection du président sortant sont tout simplement un coup monté par des forces étrangères qui cherchent à faire monter la pression sur le régime iranien pour le faire plier l’Iran sur son programme nucléaire.

Pour y parvenir, les Etats-Unis et leurs satellites en Europe et au Moyen Orient recourent aux mêmes techniques et procédés utilisés jadis en Serbie contre le régime de Milosevic, en Géorgie contre le régime de Chevardnadze et en Ukraine contre le candidat pro-russe.

LES TECHNIQUES DES RÉVOLUTIONS ROSE ET ORANGE EN GÉORGIE ET EN UKRAINE APPLIQUÉES EN IRAN

En suivant de plus près le déroulement des événements à Téhéran depuis samedi, il n’y a aucun mal à établir une comparaison avec les révolutions des couleurs en Géorgie en 2003 et en Ukraine en 2004. Cette technique d’action politique visant à déstabiliser les régimes hostiles aux intérêts de l’impérialisme américain a pour origine l’Albert Einstein Institut fondé par le philosophe américain Gene Sharp dans les années 1980 pour organiser et financer les mouvements et les forces de résistance contre le communisme. Gene Sharp a joué un rôle dans l’organisation de l’opposition en Irak, en Lituanie, au Venezuela et en ukraine. Sharp a élaboré une théorie fondée sur la non-violence et la désobéissance civile comme arme politique. En 1983, Sharp fonda à Boston l’Albert Einstein Institut et publia en 1985 un livre  "Rendre l’Europe impossible à conquérir". En 1987, l’association reçut une subvention de l’US Institute for peace et organisa une série de séminaires pour former les futurs cadres et dirigeants des mouvements de la désobéissance civile face à l’ennemi communiste. Sharp prit part à la formation d’une opposition en Birmanie, au Tibet, et même il a créé un groupe de dissidents au sein de l’OLP pour renoncer à la lutte armée contre Israël. En 1990, l’Albert Einstein Institut participa à la formation de l’opposition dans les ex-républiques soviétiques dans le Caucase et dans les pays Baltes. D’autres institutions anti-communistes américaines et européennes se sont jointes à l’Albert Einstein Institut pour organiser et financer les mouvements d’opposition aux régimes hostiles aux intérêts de l’impérialisme américain. Parmi ces institutions influentes, on peut citer le National Democratic Institut, officiellement une ONG mais officieusement financée par le National Endowment for democracy, une fondation financée par le secrétariat d’État et la CIA.

La technique de base mise au point par l’Albert Einstein Institut est la contestation systématique des résultats des élections du régime ennemi à déstabiliser. La contestation des résultats électoraux repose sur deux éléments : la composition des listes électorales et les sondages de sortie des urnes qui donneraient des résultats différents des chiffres officiels. Pour mener la contestation contre le régime ennemi à abattre, il faut faire appel à des pions généralement recrutés parmi la jeunesse, des jeunes de 15 à 17 ans et parmi les étudiants. Pour lutter contre le régime de Chevardnadze, c’est George Soros qui a créé les groupes de jeunes Kmara(Assez) formés de jeunes de 15 à 17 ans. Ces jeunes ont reçu une formation en deux mois par des membres de l’American national Institut. D’après l’ancien ministre géorgien de la Sécurité Igor Giorgadze, Mikhail Saakashvili a reçu sa formation de manipulateur des foules à Belgrade pour préparer sa révolution rose en Géorgie. C’est la fondation National Endowment for Democracy dirigée alors par l’ancienne Secrétaire d’État de Bill Clinton, Madeleine Albright qui s’est chargée de la saisie informatique de listes d’électeurs dont les nombreuses erreurs avaient alimenté les ressentiments populaires sur des fraudes massives. L’astuce consiste à contester systématiquement les chiffres officiels des autorités gouvernementales en leur opposant les sondages de sortie des urnes dans lesquels les scores des partis d’oppositions étaient largement surévalués.

En Ukraine, le gouvernement américain a dépensé plus de 65 millions de dollars pour aider l’opposition ukrainienne à accéder au pouvoir. À cette somme s’ajoutent celles en provenance d’instituts privés comme la Fondation Soros et de gouvernements européens. Cet argent a servi à équiper les forces d’opposition avec des moyens techniques modernes, les techniques publicitaires et à former des propagandistes et des scrutateurs. Les sondages électoraux eux aussi qui devaient servir de preuve contre la fraude électorale du camp gouvernemental ont été financés de la sorte.

Prenons l’exemple ukrainien pour montrer comment se mettent en place les techniques de contestation. Lors des élections de novembre 2004, quatre candidats étaient en lice : Victor Yanukovytch, alors premier ministre, crédité de 31 à 34 % des voix au premier tour ; Victor Yuschenko, ancien premier ministre et fondateur Notre Ukraine crédité de 29 à 31 % ; Oleksander Moroz, président du parti socialiste unifié crédité de 4 à 6% et Pétro Symonenko, président du parti communiste, crédité de 3 à 5%. Bien avant la proclamation des résultats de l’élection, les Etats-Unis ont commencé à dénoncer une falsification des résultats. Aux Etats-Unis, le dossier ukrainien était entre les mains de Richard Armitage qui soutenait son candidat Yuschenko. Auparavant La NED/CIA avaient dépensé des millions de dollars pour soutenir l’association pro-Yuschenko, Pora(Il est temps). Les cadres de cette association ont été formés spécialement pour mener la contestation sitôt après la proclamation des résultats officiels. Madeleine Albright est venue en personne pour vérifier le dispositif sur place. Après un premier tour de scrutin qui n’avait pas fait de gagnant, un deuxième tour donnait 49,42% au candidat pro-russe Victor Ianoukovitch et 46, 69 des voix au camp pro-occidental. Même avant de connaître les résultats du deuxième tour, Yuchenko et le camp pro-occidental ont crié à la fraude électorale en avançant leurs propres chiffres qui ne sont que des sondages de sortie des urnes et qui leur donneraient une avance de 11% sur le camp adverse. La version des irrégularités et des allégations de fraude était vite relayée par les médias et les observateurs étrangers présents sur place. Il n’en fallait pas plus pour que Yuchenko et ses partisans refusent les résultats officiels et organisent des rassemblements de protestation dans tout le pays.  

C’est à quoi nous assistons aujourd’hui en Iran après la réélection du président sortant n’est en réalité n’est qu’un remake des révolutions des couleurs en Géorgie et en Ukraine. Les techniques et les modalités de contestation sont exactement les mêmes en Iran, en Géorgie et en Ukraine. Il y a d’abord la contestation des résultats d’une élection en transformant des irrégularités en fraude électorale. Après la contestation des résultats des élections, suit la phase des troubles et manifestations sur la voie publique. Le lieu de rassemblement est un lieu chargé de symboles, place de la Révolution, place de la liberté etc. Les membres de l’opposition arborent des drapeaux à couleur rose en Géorgie, Orange en Ukraine et aujourd’hui verte en Iran. Des  slogans sont lancés contre le vainqueur officiel comme le mot dictateur lancé contre Ahmadinejade en Iran. Les forces de l’opposition sont soutenues et relayées par les médias des États capitalistes. Ces différents points de comparaison entre les événements actuels en Iran et ceux de la Géorgie en 2003 et de l’Ukraine en 2004 confirment l’idée que ce sont les Etats-Unis, l’Europe, Israël et les États arabes alliés des Américains qui sont derrière des troubles et des manifestations à Téhéran et dans les autres villes iraniennes. Mais L’Iran n’est ni la Serbie de Milosevic, ni la Géorgie de Chevardnadze ni l’Ukraine de Koutchma et d’Ianoukovitch. Il y a tout lieu de penser que le coup monté par l’Occident, Israël et certains régimes arabes fantoches est voué à l’échec comme jadis la tentative ratée contre le régime de Loukachenko en Biélorussie. Pour avoir su et pu déjouer le complot ourdi par les forces impérialistes, le président biélorusse Loukachenko est devenu le « dernier dictateur d’Europe ». En réussissant à déjouer le même coup monté par l’Occident et Israël contre son gouvernement, Mahmoud Ahmadinejad est déjà entré dans le club très fermé des grands dictateurs de l’histoire à côté de Staline et de tous ceux qui ont osé dire non et désobéi aux injonctions et au diktat des maîtres du monde.

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : Iran, Elections présidentielles, troubles, stratégie de déstabilisation, révolution rose, révolution orange    

14 juin 2009

COMMENT LE CAPITALISME A-T-IL TRANSFORME NOTRE CORPS EN POUBELLE?

COMMENT LE CAPITALISME A-T-IL TRANSFORMÉ NOTRE CORPS EN POUBELLE ?

ELLE EST VITE REMPLIE MAIS ON NE SAIT PAS COMMENT LA VIDER

L’augmentation du nombre des obèses, des malades du cancer et des maladies cardio-vasculaires en France et dans les pays capitalistes en général est un des indicateurs les plus visibles des effets ravageurs et destructeurs du mode de vie capitaliste. La propagande médicale essaie de nous vendre des plats cuisinés prêts à consommer sans savoir ce qu’ils contiennent en réalité. Le corps médical, béquille du système capitaliste, cherche à nous faire croire que nous vivons aujourd’hui dans un monde merveilleux, le meilleur des mondes, où les hommes vivent plus longtemps grâce au progrès de la médecine. Cet argument que nous vivons mieux et plus longtemps grâce ou à cause du progrès de la médecine ne convainc que ceux qui sont déjà convaincus, car la réalité est tout autre chose que celle décrite et assénée par le corps médical. La propagande médicale comme toute propagande est fondée sur des faits et des chiffres. Par exemple, le thème de l’allongement de l’âge est fondé sur des données statistiques et quantitatives, sur ce que l’on appelle les moyennes, en occultant les données qualitatives qui, elles, contredisent radicalement les arguments et les pseudo-explications du corps médical. Quand on dit que les hommes vivent en moyenne plus longtemps que ceux du début du XXe siècle ou qu’il y a aujourd’hui plus de personnes âgées qu’il y a cinquante ou cent ans, le corps médical attribue cette longévité à l’amélioration de la qualité de vie des hommes ou au progrès de la médecine. Ce phénomène de vieillissement des populations est passible d’interprétations différentes si l’on intègre la variable démographique, c’est-à-dire l’augmentation vertigineuse du nombre des hommes sur la terre mais aussi la natalité galopante dans les pays industriels. Prenons le cas de la France. Si l’espérance de vie s’est allongée en moyenne, ce n’est pas à cause du progrès de la médecine mais à cause de la variable démographique où la population française a presque doublé en quarante ans. S’il y a aujourd’hui en moyenne plus de personnes âgées qu’il y a quarante ans, cela s’explique par une variable statistique soumise à la loi de distribution de probabilité de Laplace, de Huygens et de Bernouilli. Quand on dit que l’espérance de vie a plus que doublé pour atteindre 67 ans en moyenne mondiale et 80 ans pour les pays développés, ces moyennes sont des coefficients de pondération et une moyenne n’est autre chose qu’une simple espérance mathématique. Le corps médical fait tout simplement de la propagande en cherchant à interpréter comme bon lui semble les chiffres et les moyennes mais la réalité dans laquelle vivent les hommes aujourd’hui est tout autre et malheureusement elle est bien plus sombre que celle présentée et propagée par la propagande médicale. Si l’on prend l’exemple du cancer, on découvre qu’il fait tous les ans 1200 morts de plus. Si la médecine était si efficace, il n’y aurait pas eu ces 1200 morts de plus. Logiquement le dépistage précoce des cancers aurait dû réduire le nombre des cancéreux. Or c’est le contraire qui se produit et il faudra expliquer ce phénomène d’augmentation qui est dû à un environnement toxique et aux différentes pollutions dont nous sommes quotidiennement les victimes. Si nous vivions dans le monde merveilleux de la propagande médicale, il n’y aurait pas eu autant de candidats au cancer dont le nombre représente la moitié des candidats au bac, c’est-à-dire 300 000 par an.

Malheureusement, nous vivons aujourd’hui non pas dans le monde féerique et paradisiaque de la propagande médicale mais dans un monde cauchemardesque et dans un environnement toxigène à bien des égards. Dire que nous vivons dans un environnement toxigène ne suffit pas, encore faut-il dire aussi qui en est la cause. Celle-ci n’est pas difficile à trouver, c’est le mode de production capitaliste dont nous subissons les effets désastreux et destructeurs depuis plus de deux siècles. Le système capitaliste est la seule cause de la destruction de la planète et de la dégradation du cadre et de la qualité de vie des hommes. Il est le seul responsable des pollutions de l’air, de l’eau et le sol. Quand l’homme, l’animal et le végétal sont victime des toutes ces agressions extérieures, il serait étonnant que nous vivions dans le meilleur des mondes. Il n’est pas possible dans le cadre de cet article d’analyser tous les effets ravageurs du système capitalisme, nous allons nous contenter de quelque chose qui nous est familier le corps humain. Comme tout organisme vivant, le corps humain a besoin de carbone, d’oxygène, d’azote et d’hydrogène fournis par l’air, l’eau et les aliments. Quand l’homme respire, il respire de l’air pollué et quand il s’alimente, il absorbe une myriade de substances indésirables qui sont les produits toxiques, de poisons (intoxication) et de substances toxines(intoxination).

L’air pollué que l’on respire qui est d’une prodigieuse complexité est formé de ce que l’on appelle le « smog », un cocktail de poussières et de gaz industriels. Le smog est responsable des affections pulmonaires et des cancers tels que le cancer du poumon qui est la première cause de décès en France avec 27 000 par an. Les campagnes officielles contre le tabagisme est une manière de divertir sur la vraie cause du cancer du poumon qui n’est pas due uniquement au tabac mais à l’air pollué, le smog. L’atmosphère de la ville est polluée par l’anhydride sulfureux qui, une fois oxydé, devient de l’acide sulfurique pur et simple, ou encore des poussières, d’oxyde de carbone dont le seuil dangereux est aujourd’hui largement dépassé. Les poussières industrielles en suspension dans l’air filtrent le rayonnement ultraviolet au point que celui-ci est à 0,3% de son énergie dans les villes contre 4 % à la campagne. Il s’ensuit une prolifération des germes et une augmentation des cas d’anémie, les poumons et les la peau des citadins étant exposés à une plus forte agression microbienne.

INTOXINATION DU CORPS HUMAIN

De la même façon que l’air, l’alimentation de l’homme est empoisonné par une myriade de substances toxines et toxiques. Les toxines sont des déchets et des résidus issus des métabolismes. Contrairement à l’intoxination(les produits toxines), notre corps est victime de substances extérieures et étrangères au fonctionnement de l’organisme, ce sont les produits toxiques. Pour éliminer les produits toxines(intoxination), notre organisme possède des organes spécialisés dans leur élimination : le foie, les reins, les poumons et la peau. La présence des toxines dans notre organisme est un phénomène naturel dès lors qu’ils ne dépassent un certain seuil. Mais dès que ce seuil est dépassé, les substances toxines agissent comme du poison sur les tissus et les organes, encrassent et grippent les rouages et les mécanismes de notre « moteur organique et biologique ».

La principale source des toxines est les aliments. Pour pouvoir vivre au quotidien, nous sommes obligés de boire et de manger. L’eau que nous buvons est une eau polluée par les nitrates, les engrais et les déjections animales en provenance de l’agriculture et de l’élevage intensifs et qui s’infiltrent dans les nappes phréatiques et dans les eaux de surface. Les nitrates qui se trouvent dans l’eau résultent de la transformation des nitrites sous l’influence des bactéries produisant elles-mêmes des nitrosamines qui sont des substances cancérogènes. Les nitrosamines se retrouvent dans les charcuteries et indirectement dans l’eau, les fruits e les légumes. Les N-nitrités sont des agents cancérogènes utilisés par les laboratoires pharmaceutiques pour provoquer expérimentalement des tumeurs cérébrales en laboratoire.

Après l’eau, il y a la nourriture. Pour vendre leurs produits industriels, l’industrie agroalimentaire incite à la consommation soit par prix alléchants soit par la publicité. Dans les sociétés industrielles, des habitudes alimentaires incitent à la surconsommation et à la consommation de n’importe quoi. La suralimentation n’est pas seulement source d’obésité comme veut nous le faire croire la propagande médicale mais d’accumulation de toxines, c’est-à-dire d’intoxination dont sont victimes aussi bien les obèses que ceux qui ont un poids normal. Aujourd’hui, le seuil d’intoxination est vite atteint à cause des habitudes alimentaires qui incitent à manger beaucoup trop à ce qui est nécessaire au bon fonctionnement de notre organisme. C’est parce que le tube digestif est saturé que se froment de fermentations et des putréfactions comme l’acide pyruvique, les scantols, les indols, les phénols, les ptomaines qui sont des poisons violents. Il y a aussi une autre explication la consommation des quantités excessives d’aliments, c’est leur pauvreté de leur valeur nutritionnelle due à l’épuisement du sol, à la pollution du sol par les insecticides, les pesticides, les dioxines. Du fait de leur pauvreté nutritionnelle, les hommes sont obligés de consommer plus que par le passé pour couvrir leurs besoins quotidiens en vitamines, car en mangeant les « faux aliments » offerts par l’industrie agroalimentaire, les hommes négligent les vrais aliments qui sont nécessaires au bon fonctionnement de notre organisme. Avec la bénédiction et la caution « scientifique » du corps médical, l’industrie agro-alimentaire et le pouvoir politique poussent à consommer de la viande, du lait et des produits laitiers dérivés qui proviennent des animaux d’élevage, des animaux malades bourrés d’antibiotiques.

INTOXICATION DU CORPS HUMAIN

L’intoxication est le produit d’un environnement toxique et toxigène. Outre l’air pollué que l’on respire, nous sommes quotidiennement intoxiqués par des substances toxiques. Les aliments consommés par les hommes proviennent des sources des eaux, de l’air et des sols pollués. Lorsque nous mangeons, nous ingérons non seulement les aliments mais les poisons qu’ils contiennent contribuant ainsi à élever dangereusement le taux de déchets toxiques dans nos tissus et dans nos organes. Les cultures sont sans cesse l’objet de traitements aux insecticides, herbicides, fongicides etc. Dans les élevages, les animaux sont surmédicamentés à cause des antibiotiques pour pouvoir survivre aux conditions atroces dont ils sont victimes et pour accélérer leur prise de poids(hormones). Ces médicaments se retrouvent fatalement dans les chairs que les hommes consomment et en partie dans les produits animaux dérivés comme els œufs, le lait et les produits laitiers. Dans les aliments que nous ingérons, il existe un cocktail de produits chimiques, des colorants, des émulsifiants, des exhausteurs de goût et de saveur, agents de sapidité, des stabilisateurs, des antioxydants, des anti-rances, des agents conservateurs etc. Pour ne pas effrayer le consommateur, tous ces produits chimiques qui sont en réalité des poisons sont dissimulés sous forme de lettres et de chiffres comme els sulfites (E 220 à 227), acides benzoïques( E 210 à 219) ou les cyclamates(E 952), édulcorant de synthèse interdit aux Etats-Unis en 1970. L’industrie agroalimentaire utilise des centaines d’additifs dont certains sont certes anodins mais d’autres possèdent une toxicité certaine et connue. Les insecticides inhibent l’assimilation de la vitamine A par l’organisme dont la carence est compensée par les produits diététiques vendus dans les grandes surfaces. 

Ce sont tous ces déchets qui empêchent le bon fonctionnement de notre organisme et qui « encrassent » et « grippent » les différents rouages de notre moteur organique qui sont les cellules et les organes. Lorsque les déchets accumulés sont normalement éliminés par le foie, les intestins, les reins, les glandes sudoripares et par les voies respiratoires, tout fonctionne normalement. Mais lorsque les déchets s’accumulent et s’entassent, les émonctoires devenant ainsi incapables de faire face à un afflux massif de déchets charriés par le sang et qui pénètrent dans la lymphe et les sérums cellulaires. Au bout d’un certain temps, les cellules sont noyés par les déchets toxiques qui empêchent l’approvisionnement normal des cellules en oxygène et en substances nutritives. Dans ces conditions, les voies de passage et circulation entre les différentes parties du corps sont bouchées et les cellules ne peuvent plus fonctionner normalement ni les organes qu’elles constituent non plus. Ce sont ces surcharges qui provoquent des maladies dont nous sommes victimes, des maladies qui ne sont pas d’origine microbienne. Car la propagande médicale fait du tapage autour des maladies microbiennes pour faire peur alors que les maladies qui n’ont pas dues aux microbes sont beaucoup plus meurtrières et ravageuses. Le cancer et les maladies ne sont pas des maladies d’origine microbienne et pourtant ils constituent la deuxième cause de mortalité en France et la première chez les hommes avec 150 000 morts en France, 500 000 aux Etats-Unis et 7 millions dans le monde. Ce ne sont ni Staline ni le communisme qui sont responsables de ces millions de morts fauchés par le cancer et les maladies cardio vasculaires mais le capitalisme qui, outre les millions de morts sur les champs de bataille, a entraîné la destruction de la planète en polluant les eaux, les sols et l’air. Ces différentes sortes pollutions pénètrent qu’on le veuille ou non dans notre corps devenu une poubelle et une déchetterie pour le bonheur de quelques grands pollueurs(industries agroalimentaires, industries chimiques, industries automobiles, industries aéronautiques etc.) qui envoient tous les ans aux cimetières des millions de morts. 

FAOUZI ELMIR

Mots-clés : capitalisme, corps humain, alimentation, pollutions,




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