10 octobre 2009
BARACK OBAMA, PRIX NOBEL DE LA PAIX: UNE HISTOIRE A DORMIR DEBOUT
BARACK OBAMA, PRIX NOBEL DE LA PAIX :
UNE HISTOIRE À DORMIR DEBOUT
En lui annonçant l’attribution du prix Nobel de la Paix, Barack Obama s’est dit surpris et l’on comprend parfaitement les motifs de cette divine surprise. Avec cette récompense inattendue, Obama ne croyait guère ses yeux et il a dû demander une consultation urgente à son médecin personnel pour savoir si l’enclume, le marteau, et l’étrier de son oreille moyenne transmettaient normalement les vibrations du tympan aux liquides de son oreille interne. Obama s’est sûrement posé la question suivante « Qu’ai-je fait pour la paix dans le monde depuis mon arrivée à la Maison Blanche voilà il y a neuf mois pour mériter une telle reconnaissance "? » Cette interrogation d’Obama conduit à une autre question connexe : sur quels critères se sont-ils fondés les membres du comité Norvégien pour décerner le prix Nobel de la Paix à un président américain qui vient tout juste d’entamer son mandat, dont le pays est en guerre sur deux fronts, en Irak et en Afghanistan et qui n’a réglé à ce jour aucun des conflits « chauds » dans le monde, notamment le conflit israélo-palestinien ? Il faut bien reconnaître que la décision du comité Norvégien d’attribuer le Prix Nobel de la Paix à Barack Obama a de quoi surprendre et déconcerter. D’après le testament d’Alfred Nobel, le prix Nobel de la paix sert à récompenser ceux ou celles qui ont le plus œuvré pour la paix, pour la suppression ou la réduction des armées permanentes et pour le rapprochement des peuples. Les lauréats du prix Nobel de la paix sont choisis par un comité nommé par le Parlement norvégien statuant sur propositions et suggestions émises par des parlementaires, des professeurs d’universités, des magistrats et des conseillers spéciaux membres du comité. Chaque année, sur les centaines de propositions reçues, seules 199 candidatures sont retenues par un jury qui établit une liste de cinq noms parmi lesquels sera ou seront élu(s) le ou les lauréats du prix Nobel de la Paix. L’identité du ou des lauréats est révélée lors d’une conférence de presse tenue dans la vieille ville d’Oslo et le prix Nobel de la paix est doté d’un montant de 10 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus d’un million d’euros. Contrairement aux autres prix Nobel, physique, chimie, médecine, littérature, le prix Nobel de la paix récompense des actions menées en faveur de la paix, des droits de l’homme et de la promotion de la démocratie dans le monde. Les lauréats des prix de chimie et de médecine récompensent des chercheurs et des romanciers pour leurs travaux, leurs publications et leur contribution dans les domaines de la science et de la littérature. Les travaux des chercheurs et des romanciers sont jugés et évalués par des personnalités appartenant au cercle académique et aux universités et par des écrivains et des romanciers reconnus. L’attribution du prix Nobel de la paix à l’actuel président des Etats-Unis, ne répond à aucun des critères souhaités par son fondateur Alfred Nobel. Depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a neuf mois, Obama n’a contribué ni au rapprochement des peuples, ni à la réduction ou à la suppression des armées permanentes ni à la propagation des progrès dans le monde. Bien au contraire, Barack Obama continue la politique de la canonnière de ses proches lointains prédécesseurs. En 1906, le prix Nobel de la paix fut attribué à Théodore Roosevelt qui était un ardent militariste. Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Barack Obama a fait des déclarations fracassantes lors de son discours à l’université du Caire il y a cinq mois sur le rapprochement avec les peuples musulmans. Mais son armée occupe toujours l’Irak et l’Afghanistan et rien ne présage à ce jour un retrait militaire imminent de ces deux pays. Le retrait de l’armée américaine d’Irak reste pour le moment un simple effet d’annonce. En Afghanistan, Obama maintient la politique de son prédécesseur George Bush en refusant toute idée de retrait malgré ses pertes militaires depuis huit ans. Il affirme bien au contraire vouloir continuer la guerre en envoyant dans les prochains jours 40000 militaires supplémentaires qui vont causer encore plus de morts et plus de souffrance à un peuple afghan martyrisé plongé dans des guerres interminables depuis plus d’un quart de siècle. Tous les jours, les l’armée américaine dont Obama est le commandant en chef bombarde et tue des civils en Afghanistan et au Pakistan sous prétexte de la lutte contre le terrorisme. Contrairement aux souhaits du fondateur du prix Nobel de la paix, non seulement Obama ne fait rien pour faire avancer la paix dans le monde mais il contribue à aggraver les tensions et les conflits en cours en œuvrant comme tous ses prédécesseurs pour l’escalade militaire et le renforcement de la soldatesque américaine. Dans le conflit israélo-palestinien, Barack Obama n’a pour l’instant accompli aucun acte digne d’un prix Nobel de la paix et tous les efforts diplomatiques déployés par son envoyé spécial pour la paix au Moyen-Orient, Mitchell ont été voués à l’échec. Obama n’a même pas pu convaincre son allié israélien, Benyamin Natanyahu, d’arrêter l’extension des colonies en territoires occupés. Dans le dossier iranien, Obama est sur la même longueur d’onde que ses alliés occidentaux qui veulent empêcher l’Iran de maîtriser l’industrie nucléaire et pour prévenir par tous les moyens l’émergence au Moyen-Orient d’une puissance nucléaire rivale de l’État sioniste. D’ailleurs, Barack Obama et son Secrétaire d’État Hilary Clinton ont affirmé à maintes reprises qu’ils ne permettraient jamais à l’Iran d’avoir sa bombe atomique alors que les Etats-Unis possèdent 10 000 têtes nucléaires et qu’ils ont été les premiers à avoir utilisé l’arme atomique contre le Japon les 6 et le 9 août 1945 causant la mort de 240 000 personnes sans parler de toutes les séquelles qui se font sentir même aujourd’hui, 64 ans après Hiroshima et Nagasaki. La décision du comité norvégien de nobéliser Barack Obama est dictée comme toujours par des arrières politiques et idéologiques. La fondation Nobel est d’abord et avant une institution anticommuniste vouée comme les autres fondations américaines, au maintien du statu quo capitaliste et à la lutte contre le communisme international. Le prix Nobel de la paix fait partie de la panoplie qu’utilisent les États impérialistes pour déstabiliser ds régimes politiques hostiles. Le prix Nobel de la paix est généralement attribué à des personnalités reconnues non pas pour leur « œuvre en faveur de la paix, pour le rapprochement entre les peuples et pour la propagation des progrès dans le monde » mais en récompense pour leur rôle dans le maintien du statu quo capitaliste et dans la pérennité du système impérialiste mondial. Parmi les caniches de l’impérialisme, on peut citer les noms de Léon Jouhaux Prix Nobel de la paix en 1951 pour sa contribution dans la fondation des syndicats Libres, le dissident soviétique Andreï Sakharov prix Nobel de la paix en 1975, Anouar El-Sadate, PRIX Nobel de la paix en 1978 pour le traité de paix avec Israël, Lech Walesa, prix Nobel de la paix en 1983 pour sa lutte contre le régime communiste polonais, Mikhaïl Gorbatchev, prix Nobel de la paix en 1990 pour son rôle dans l’effondrement du bloc communiste, l’opposante birmane Aung Sans un Kyi, prix Nobel de la paix en 1991, la juge iranienne Chirine Ebadi, prix Nobel de la paix en 2003, le président de l’AEIA, l’égyptien Mohamed ElBaradei, prix Nobel de la paix en 2005. En 2007, le prix Nobel de la paix a été attribué conjointement à l’ex-vice président américain Al-Gore et au GIEC(groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat présidé par l’indien Rajendra Kumar Pachauri. Pour la face cachée d’Al Gore et ses relations avec les pétroliers et les grandes sociétés américaines, je renvoie le lecteur à l’article très documenté de Dominique Guillet « Révolution verte eugénique ou génocidaire? » publié sur le site mecanopilis www.mecanopolis.org Certains voient dans l’attribution du prix Nobel de la paix à l’actuel locataire de la Maison Blanche comme un signe d’encouragement pour mener une nouvelle politique américaine moins agressive et plus diplomatique que militaire. Ceux qui font ce genre de calculs et qui misent sur un hypothétique « pacifisme » américain en ont pour leurs frais et ils se trompent lourdement, car les Etats-Unis font partie d’un système mondial, le système impérialiste et toute leur politique étrangère vise à le perpétuer. On ne voit pas comment le nouveau prix Nobel de la paix, Barack Obama, pourrait changer la donne dans les relations internationales et s’il aura à la fois la volonté et les moyens susceptibles d’infléchir la politique étrangère d’un État devenu après la Seconde guerre mondiale, la nouvelle et la première puissance impérialiste.
FAOUZI ELMIR
Mots-clés : Barack Obama, Prix Nobel de la Paix.
05 octobre 2009
LES DEMOCRATOÏDES OCCIDENTALES
LES DÉMOCRATOÏDIES OCCIDENTALES
Par Faouzi Elmir pour mecanopolis
Le peuple Irlandais vient d’approuver par référendum la ratification du traité de Lisbonne après l’avoir rejeté une première fois au mois de juin 2008. Le 19 octobre 2002, ces mêmes Irlandais ont voté pour la ratification du traité de Nice après l’avoir rejeté majoritairement la première fois le 7 juin 2001. Idem pour les Français qui ont rejeté le 29 mai 2005 à plus de 54% le projet de Constitution européenne avant que le traité européen de Lisbonne ne soit ratifié par le Parlement réuni en congrès dans la nuit du 7 au 8 février 2008. Idem pour le « non » hollandais qui, lui aussi, intervenu quelques jours après le « non » français », a été détourné et foulé aux pieds par le gouvernement hollandais. Embourbée en Irak, la Grande Bretagne de Tony Blair et de son successeur a préféré ne pas prendre le risque d’un échec cuisant dans un référendum sur le traité européen. Quant aux autres États de l’Union Européenne, le traité européen a été ratifié par voie parlementaire pour éviter tout risque de rejet par le vote populaire.
LA FICTION DE LA « DÉMOCRATIE DIRECTE »
LIRE LA SUITE DE L'ARTICLE SUR LE SITE MECANOPOLIS www.mecanopolis.org
08 septembre 2009
POURQUOI HAIS-JE LE PEUPLE?
POURQUOI HAIS-JE LE PEUPLE ?
La détermination du peuple est immuable et effrayante. Le peuple est une masse d’individus conditionnés mentalement et intellectuellement par une myriade d’institutions spécialisées dans le lavage des cerveaux et dans l’apprentissage aux futurs métiers de la servilité et de l’assujettissement. En effet, pour qu’il y ait peuple conditionné mentalement et intellectuellement, il faut qu’il existe préalablement école, famille, lois, institutions, État etc dont la mission consiste à modifier la posture psychique de chaque individu pour en faire une masse et des hommes dressés comme les animaux du cirque. Dans le dressage des êtres humains, l’école n’a rien à envier aux centres de formation spécialisés dans la formation des animaux du cirque. L’école et les méthodes pédagogiques ne sont pas autre chose qu’une sorte de dressage des enfants en bas âge appelés à former plus tard ce que l’on appelle l’esprit public ou l’opinion populaire d’une collectivité ou d’une nation. Les chantres de l’humanisme et les philanthropes veulent faire croire que l’école est là pour faire le bonheur des hommes alors qu’elle est en réalité un lieu concentrationnaire chargé de former des troupeaux humains à marcher et à être contents à marcher. L’école est d’abord l’endroit où se forment les réflexes conditionnés des êtres humains suivant des méthodes claires et très sûres. Malgré les différences d’aptitude entre les animaux de diverses espèces, tous les animaux peuvent finalement être dressés. Il en est ainsi des populations scolaires qui, malgré les différences d’aptitude de chacun de leurs membres, seront en fin de compte dressées. À l’école, comme dans le cirque, on retrouve les mêmes principes: l’appât et la peur des sanctions, la crainte de la douleur qui sont les mobiles sur lesquels repose l’apprentissage des animaux et des troupeaux humains. L’imitation pratiquée sur une grande échelle dans l’éducation joue un rôle déterminant dans la formation des réflexes chez les enfants, car elle joue le rôle de « drainage » chez des écoliers en présence d’autres écoliers.
C’est au sein de l’école que se forme le peuple ou l’esprit populaire, cette grande masse d’individus suggestionnables, influençables et violables psychiquement. Dans la vie de nos soi-disant sociétés démocratiques, le peuple est censé être libre et souverain dans le choix de ses gouvernants et de ses représentants. Or, la réalité est tout autre et le peuple n’est là que pour une mission de figuration pour les kermesses électorales. Ce qui est demandé au peuple dans les démocraties capitalistes, ce n’est pas seulement de participer à la mascarade électorale mais surtout et avant tout d’obéir et de se taire. Le peuple a été formé et préparé des années durant à recevoir des ordres, à bien les interpréter et à les exécuter correctement. Il faut bien dire que l’ordre est plus ancien que le langage sinon les animaux du cirque ne pourraient pas le comprendre. La manière de bien comprendre le sens de l’ordre est d’une importance capitale, car la finalité de tout ordre est de déclencher une action. Mais comme toute action est précédée d’un ordre, on comprend aisément pourquoi les regards du peuple sont toujours rivés sur les lèvres de ses meneurs et de ses maîtres dans l’attente des mots d’ordre. Songeons à ces millions de victimes qui ont répondu présentes lors des différentes guerres et dont les corps ont servi de chair à canon. Le peuple est donc, comme le soldat, n’agit que par ordre et il passe sa vie durant à attendre ce moment crucial, le garde-à-vous. La réponse du peuple comme celle du soldat est toujours la même, « A vos ordres ». Comme le soldat lors de sa formation militaire, le peuple sait parfaitement grâce à l’école et à l’imitation, à quel moment il doit répondre présent à l’appel de ses maîtres et meneurs pour procéder à l’exécution des ordres. Pour passer de l’ordre à l’action, le peuple a besoin seulement du mot d’ordre des maîtres et des donneurs d’ordre qui lui imposent une certaine direction. L’art du meneur et du donneur d’ordre consiste à résumer en mots d’ordre tout ce qu’il veut obtenir et à les présenter avec force et d’une manière convaincante pour l’aider à rassembler des individus en peuple. C’est pourquoi les meneurs du peuple utilisent le langage de l’inconscient en recourant à des mots-clés, des slogans, des symboles visuels et sonores, à certaines couleurs et à la musique.
La première mission des meneurs est celle qui consiste à niveler le peuple vers le bas pour mieux le dominer. Pour que l’ordre soit efficacement exécuté, c’est-à-dire sans hésitation, ni discussion, ni explication, ni doute, car, comme pour les animaux du cirque, le peuple ne doit recevoir ni nourriture ni récompense que des mains de ses meneurs et ses maîtres attitrés. Mais contrairement aux animaux du cirque qui peuvent être sanctionnés soit par faim soit par la mort, le défaut d’obéissance du peuple se traduit généralement par sa participation directe dans la fabrication de la machinerie qui sera appelée à le châtier et à le punir, la dictature et le totalitarisme qui s’érigent en son nom. Pour que l’ordre garde toute sa puissance et ses caractères indiscutables, il faut sans cesse travailler au nivellement du peuple vers le bas. Car plus le niveau intellectuel et mental du peuple est bas plus l’ordre a une chance d’être spontanément et correctement exécuté.
C’est parce que le peuple a toujours été à la fois la victime consentante et le complice des dictateurs et des dictatures, que je hais le peuple. Je hais le peuple, parce qu’il est par définition ignorant, aveugle et une marionnette manipulable à volonté. Je hais le peuple, car il est composé d’individus frustes mus par le seul instinct et absorbés par les seuls besoins animaliers, par le boire, le manger et le s’amuser bêtement. Je hais le peuple, car il constitue une entrave à ma liberté et à la réalisation de mes aspirations qui ne sont nullement celles de produire et de consommer. C’est parce qu’il est le seul responsable de tous mes malheurs et de tous mes déboires dans la vie terrestre, que je hais profondément et viscéralement le peuple.
FAOUZI ELMIR
Mots-clés : peuple, école, dressage.
02 juillet 2009
lLES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BEA
VOL AFF 447 D’AIR France
FAOUZI ELMIR
LES EXPLICATIONS TAUTOLOGIQUES DU BUREAU D’ENQUÊTES ET D’ANALYSES
(BEA)
Dans son rapport sur le crash du vol Rio-Paris, le Bureau d’Enquêtes et d’Analyses(BEA) a exclu l’hypothèse d’une dislocation en vol de l’Airbus A330 d’Air France en retenant celle des sondes Pitot qui mesurent les vitesses. Comme il était prévu, le BEA a décidé de noyer le poisson pour ne pas parler des choses qui fâchent, c’est-à-dire, la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens depuis l’ouverture du ciel à la concurrence avec le déferlement nihiliste de la révolution néo conservatrice reaganienne et de l’archéo-libéralisme. Il est remarquable qu’après chaque accident d’avion, il y a une stratégie médiatique savamment orchestrée visant à mettre hors de cause, le constructeur et la compagnie. Le discours sur la sécurité aérienne comme par exemple la manière d’enfiler les gilets de sauvetage avant le décollage a pour seul objectif de rassurer des âmes angoissées. Mais le voyageur ne sait pas que la compagnie qu’il transporte est soumise à la logique du profit et de la rentabilité. Le discours sur la sécurité aérienne ressemble à bien des égards à celui tenu habituellement sur la sécurité alimentaire. Comme le BEA dans le domaine aéronautique, il existe en France l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments(Afssa) qui est le gendarme qui surveille la qualité des aliments. Malgré une alimentation empoisonnée par une myriade de substances toxiques (pesticides, insecticides, dioxines, additifs alimentaires, pollution de l’air et du sol), l’Afssa considère que le fait d’ingurgiter toutes ces substances relève de l’ordre normal des choses. Et pour cause, l’Afssa ne peut rien contre les lobbies des industries agroalimentaires et des industries chimiques qui pèsent de tout leur poids pour empêcher l’information du public sur le nombre de poisons contenu dans chaque assiette. Un seul chiffre suffit pour montrer l’ampleur du problème posé par l’alimentation des hommes dans les société capitalistes. En France, chaque habitant consomme 2,3 kg de pesticides par an, soit plus de 120 000 tonnes 1999 contre 100 000 tonnes quelques années auparavant. Ces pesticides sont stockés dans les graisses causant un affaiblissement du système immunitaire qui prédispose les consommateurs comme les animaux aux maladies infectieuses et aux cancers. Avaler 2 kg de pesticides chaque année n’émeut apparemment pas outre mesure l’Afssa, organisme public chargé de surveiller la sécurité alimentaire et la santé publique. Que peut faire l’Afssa face aux industries agroalimentaires et aux industries chimiques qui fabriquent les pesticides, insecticides, colorants, additifs alimentaires?
A l’instar des lobbies dans les idustries chimiques et agroalimentaires, ile existe dans le secteur des transports aériens des lobbies qui s’activent dès la survenance d’une catastrophe. Le BEA se trouve donc dans la même situation que l’Afssa, car cet organisme soi disant indépendant qui est habilité à enquêter sur les accidents aériens peut délivrer une expertise technique mais il reste prisonnier d’une culture scientifique bornée et des intérêts économiques et commerciaux considérables qui sont en jeu après chaque accident aérien et qui empêchent d’avoir des conclusions et des explications impartiales et objectives. Comme le discours politique et idéologique dominant, le discours scientifique et technique est un discours clos qui baigne dans des tautologies et des interprétations acrobatiques. Un discours clos et tautologique est par définition un discours qui n’explique pas et qui ne démontre pas. Alain Bouillard, responsable du BEA a déclaré lors d’une conférence de presse que l’Airbus A330 d’Air France « n’a pas été détruit en vol » mais qu’il a « heurté la surface de l’eau en ligne de vol avec une forte accélération verticale ». Pour appuyer son hypothèse selon laquelle l’avion « est arrivé entier au moment de l’impact », Mr Bouillard avance deux éléments d’explication: la dérive et les gilets de sauvetage introuvables. Selon lui, le fait que la dérive est restée toujours fixée à la structure de l’avion et qu’elle a été retrouvée au milieu des autres débris, démontre que l’avion n’a pas explosé en vol mais qu’il a été disloqué en mer après avoir touché la surface de l’eau à une grande vitesse. D’abord, il est faux de parler de structure de l’avion, car la plupart des débris restent introuvables à ce jour et que la structure de l’avion n’est pas seulement la partie attachée à la dérive. Ensuite, Mr Bouillard se trompe lourdement quand il prend la dérive comme base d’interprétation, car la dérive en elle-même ne démontre rien du tout et elle ne peut en aucun cas expliquer que l’avion est « arrivé entier au moment de l’impact ». Par ailleurs, des gilets de sauvetage introuvables ne sauraient suffire à démontrer que l’avion a été disloqué en mer et non pas en vol. Cette idée de gilets de sauvetage introuvables qui « montre que visiblement les passagers n’étaient pas préparés à l’amerrissage », peut être retournée contre Mr Bouillard, car si l’appareil était arrivé entier au moment de l’impact, les passagers auraient eu suffisamment le temps pour enfiler leurs gilets de sauvetage et que probablement il y aurait eu des survivants. Des gilets de sauvetage introuvables peuvent être interprétés différemment par le fait que le commandant de bord n’avait pas eu le temps de prendre la décision d’amerrir l’appareil. En réalité, à travers leurs explications acrobatiques, Mr Bouillard et le BEA cherchent à corroborer l’idée de la défaillance technique due aux « sondes Pitot ».
LES TROIS PRINCIPALES CAUSES DE L’ACCIDENT RIO-PARIS
Le crash de l’Airbus A 330 d’Air France est dû à trois principales causes. La première est due aux conditions météorologiques qui régnaient sur la trajectoire de l’appareil. La deuxième cause est psychologique, l’expérience professionnelle du commandant de bord qui est à l’origine des fausses inférences psychologiques. La troisième cause a partie liée avec la logique mercantile et la dure loi du profit qui dominent nos sociétés.
A- Cause externe : Les conditions météorologiques:
Les messages automatiques ACARS envoyés par l’avion signalent d’abord des dysfonctionnement non pas des « sondes Pitot » mais des problèmes électriques et de pressurisation. Ces problèmes électriques ont été provoqués par des conditions météorologiques d’une rare violence. L’Airbus A330 s’est effet trouvé piégé par une barrière infranchissable de cumulonimbus et dans une zone de perturbation tropicale, subissant pendant 175 km (75 miles) et plus particulièrement durant les 12 dernières minutes du vol, de fortes rafales de vent, de cisaillement de vent, de grain, de turbulence, de pluie, de grêle et de la foudre. Contrairement aux explications tautologiques du BEA laissant entendre que l’appareil est arrivé entier au moment de l’impact, l’Airbus A 330 s’est disloqué en plein vol suite à une cascade de pannes et à une dépressurisation de l’appareil. Un avion qui subit pendant 125 km sans discontinu, de fortes rafales de vent, de turbulences, de pluie, de grêle, de la foudre, ne pourra jamais « arriver entier au moment de l’impact avec la surface de l’eau ». Les photos satellites donnent une idée des conditions météorologiques qui existaient dans la zone traversée par l’Airbus A 330 durant la nuit du 31 mai-1juin et elles corroborent l’hypothèse de la météo comme l’une des causes du crash. Les avions ayant contourné la zone de perturbation tropicale ont certes dû subir de fortes turbulences qui n’étaient pas de la même intensité ni sur une aussi longue distance. Ce qui explique que les autres avions ayant contourné la zone de perturbation tempétueuse sont arrivés à destination mais pas l’Airbus d’Air France.
B- Cause psychologique : les pilotes expérimentés, victimes de l’inférence psychologique.
Dans ses enquêtes et analyses, le BEA privilégie la seule expertise technique mais non pas d’autres éléments comme la posture psychologique d’un commandant de bord très expérimenté ou la logique mercantile qui régit le secteur des transports aériens. Rappelons que le commandant de bord de l’Airbus d’Air France accidenté avait à son actif 11 000 heures de vol dont 1700 heures sur l’Airbus A 310-A330. Cette longue expérience professionnelle du commandant de bord engendre un excès de confiance en soi et l’illusion de la domination de la nature et des phénomènes naturels par l’homme et la machine. La solide expérience professionnelle du commandant de bord mesurée et consigné dans un carnet de vol peut être un facteur de sécurité pour les passagers mais aussi un facteur de risque dans la mesure où les pilotes expérimentés sont des victimes potentielles de ce que j’appellerai les fausses inférences psychologiques engendrées par la répétition et les régularités de certains phénomènes naturels et de la vie quotidienne. Le simple fait qu’un événement se produise un certain nombre de fois provoque chez l’homme comme chez l’animal l’attente de son retour, la levée du soleil par exemple. Mais si nous avons bien l’expérience des futurs passés, nous n’avons pas celle des futurs à venir. En effet, l’occurrence régulière d’un certain nombre d’événements dans le passé peut ne pas se répéter à l’identique dans l’avenir à cause d’éventuels changements de conditions. C’est là en effet que résident les dangers des inférences psychologiques, car il peut y avoir à la fin une mise en échec de la prévision en dépit de répétitions fréquentes. Les pilotes très expérimentés qui ont généralement à leur actif un nombre très important d’heures de vol sont souvent victimes de fausses inférences psychologiques qui les empêcheraient de procéder à toute analyse circonstanciée des et des événements et des problèmes auxquels ils se trouvent confrontés et à toute appréciation objective des situations de risque. La mise en retraite anticipée des commandants de bord ayant atteint un certain nombre d’heures de vol pourrait être une des solutions pour limiter les risques des accidents aériens, car les jeunes commandants de bord seront plus enclins à la prudence et à une analyse froide des situations critiques.
C- Cause économique : la dure loi du profit
Le crash de l’Airbus d’Air France a une troisième cause indirecte, la logique mercantile qui régit les sociétés capitalistes. De toute évidence, toutes les compagnies aériennes tiennent le même discours sur la sécurité. Nous savons pertinemment qu’avec l’anarchie qui règne dans le secteur des transports aériens, le zéro accident aérien n’existe pas. Mais ce discours sur la sécurité dans les transports aériens n’est qu’un simple effet d’annonce, car la sécurité des passagers cède aussitôt devant les impératifs et les contraintes économiques et purement mercantiles. Souvent, la maintenance des avions est mise en avant pour rassurer les voyageurs, mais la maintenance n’est pas tout. Sinon comment expliquer le crash de l’Airbus d’Air France abîmé en mer après le décollage de l’aéroport de Rio de Janeiro dont la dernière révision datait du mois d’avril 2009 ? Il y a tout lieu de penser que ce n’est pas le défaut de maintenance qui est à l’origine de l’accident mais bien d’autres éléments. Comme pour les lignes de la SNCF, les lignes aériennes sont soumises au critère de la rentabilité et du profit. La compagnie Air France est une société privée financée par des actionnaires privées, elle n’est pas une société philanthropique et ses prestations ne sont pas gratuites. Dans le cas du vol Rio-Paris, une annulation du vol aurait entraîné l’hébergement des passagers, ce qui représente des coûts supplémentaires pour Air France. Le contournement du vol Rio-Paris se serait traduit par des coûts supplémentaires en carburant, en frais d’hébergement et en taxes d’aéroports ; ce sont ces charges que doivent supporter la compagnie aérienne.
Le BEA possède incontestablement des compétences techniques indéniables dans l’expertise des accidents aériens mais un crash n’est guère explicable par le seul facteur technique. Les comportements et la posture psychologique du commandant de bord qui prend les décisions pendant le vol ainsi que l’environnement économique dans lequel évoluent les compagnies aériennes doivent être pris en compte et intégrés dans toute enquête et dans toute analyse des accidents aériens. Les rapports et les observations du BEA sont entachés de graves anomalies, car ils privilégient le seul élément technique au détriment d’autres éléments certes indirects mais ô combien déterminants et décisifs qui sont les fausses inférences psychologiques du commandant du bord et la logique mercantile qui domine le secteur aérien.
Mots-clés : Accident, vol Rio-Paris, BEA.
18 juin 2009
MAINTENIR LE PEUPLE DANS L'IGNORANCE
MAINTENIR LE PEUPLE DANS L’IGNORANCE POUR MIEUX LE DOMINER
FAOUZI ELMIR
Mots-clés : domination, peuple, ignorance, croyance, religion, science, propagande
Pour dominer le peuple, il faut le maintenir dans l’ignorance. Pour y parvenir, il existe deux voies : la religion et la lobotomisation. C’est une leçon d’histoire, la religion a toujours été l’instrument privilégié des classes dominantes pour gouverner le peuple. La religion est d’abord un outil simple à manier au sein des sociétés profondément religieuses. Pour les classes dominantes, il n’y a pas beaucoup de travail à fournir pour dominer le peuple mis à part le maintien et l’entretien de la flamme de la religion par des prières des incantations, des rites et des traditions hérités du passé. C’est pourquoi le travail des gouvernants dans les sociétés religieuses est largement simplifié, car la religion fait l’économie de la pensée et de l’explication. Un peuple imprégné par la religion n’a pas à se demander si la soumission dans le monde terrestre est l’expression d’une volonté divine. Pour le simple fidèle et pour le croyant, la question de la domination sociale ne se pose jamais, car la religion a déjà fait un premier travail en amont en transformant les hommes en esclaves de Dieu et d’autres hommes. Pour un croyant ou un fidèle, point d’explications ou de discussion, la soumission et la domination font partie de l’ordre naturel des choses. L’emprise de la religion simplifie grandement le travail des classes dominantes qui n’ont pas à expliquer et à argumenter, car un fidèle ou un croyant n’a pas besoin de comprendre mais tout simplement de croire.
Dans les sociétés où la religion a perdu de son influence, les choses se présentent d’une manière différente. Dans les sociétés non religieuses, en l’occurrence les sociétés occidentales, les classes dominantes ont mis à contribution les résultats des recherches physiologiques et anatomiques sur le cerveau humain et son mode de fonctionnement. Grâce à l’endocrinologie et la neurophysiologie, science des sécrétions internes, on a découvert le les sécrétions internes, les hormones, l’existence des centres de mouvements de réflexe et des zones dans le cerveau qui peuvent être excitées ou modifiées par certaines hormones ou par certains poisons administrés à très petites doses. Les expériences de laboratoires ont montré que certaines zones du cerveau peuvent être excitées par les sons, la lumière et les images qui jouent un grand rôle dans l’inhibition ou la désinhibition des réflexes conditionnés. Mais on peut également affaiblir la faculté de résistance des mécanismes nerveux supérieurs comme l’écorce cérébrale ; il suffit de provoquer une généralisation de l’inhibition interne, ce qui est identique au sommeil, ou d’avoir recours à la fatigue. Quand une partie de l’écorce cérébrale est affaiblie, l’ordre donné à l’individu devient irrésistible grâce à l’irradiation dans toute l’écorce de l’inhibition causée par cet ordre. Ce phénomène du sommeil d’une partie du cerveau est un préalable à la suggestion qui survient dans un état d’affaiblissement physiologique. La question de la suggestion revêt une importante capitale pour la propagande politique dont le but est de modifier et d’orienter le psychisme humain dans un sens ou dans un autre. L’ignorance est donc le meilleur milieu pour former des masses se prêtant facilement à la suggestion (sur les différentes techniques relatives à l’affaiblissement physiologique et psychique de l’individu, voir l’article qui suit « Pollution sonore, pollution psychologique et propagande politique »
Ce qui est commun au peuple religieux et au peuple manipulé, c’est l’ignorance. Un homme ignorant est un être servile et soumis facilement à la suggestion et aux ordres. L’horizon de l’homme ignorant est tellement borné que tout dans le monde lui paraît aller de soi et que les objets ordinaires qui l’entourent ne le questionnent guère. L’existence de l’homme ignorant a quelque chose de fébrile et d’enfermé. L’homme ignorant est prisonnier de son assurance dogmatique qui l’empêche de s’interroger sur les raisons et les conditions de son de son ignorance. L’homme ignorant ne se doute pas un seul instant que sa servilité psychique est la condition sine qua non de la domination d’une classe sociale qui cherche coûte que coûte à maintenir le peuple dans l’ignorance.
08 octobre 2008
SEGREGATION DES CERVEAUX
L’archéo-libéralisme n’a pas seulement conduit les États capitalistes à la débâcle économique et financière à laquelle nous assistons aujourd’hui, il a été aussi une période d’obscurantisme intellectuel et de nihilisme culturel. La cause en est, la destruction de l’université considérée jadis comme le lieu de formation d’une couche intellectuelle munie d’un minimum d’esprit critique. Tout pouvoir a ses chiens de garde mais aussi ses pourfendeurs qui s’attachent à démonter les mécanismes de la domination dans les sociétés. L’objectif de tout pouvoir est d’étouffer par tout moyen à sa disposition l’esprit critique pour faciliter la manipulation des esprits et pour obtenir leur soumission des masses à moindre frais. Car, il faut bien savoir, contrairement aux idées reçues, le contrepoids à tout pouvoir, ce ne sont ni les parlements ni les institutions officielles qui jouent le rôle de relais et qui font partie intégrante du Pouvoir, ni la séparation des pouvoirs selon Montesquieu. Il est le l’oeuvre d’un groupe composé d’individus qui sont généralement placés en marge et en dehors de tout pouvoir pour exercer librement leurs jugements sans la pression de l’opinion publique, sans la pesanteur institutionnelle et sans l’emprise des contraintes hiérarchiques qui entraînent une déformation de l’esprit et de la Faculté de juger.
Le triomphe de l’archéo-libéralisme depuis les années 80 du XXe siècle a eu pour effet l’étouffement et l’élimination de toute pensée critique pavant le chemin au règne du conformisme ambiant. Pour mieux asseoir sa domination sur l’ensemble de la société, la révolution conservatrice ne s’est pas trompée de cible en s’attaquant d’abord à l’université héritée de mai 68 censée former des « gauchistes », des hommes et des femmes qui ont fait « fausse route »(traduction le bon chemin à prendre c’est celui de l’archéo-libéralisme) en abolissant les frontières qui séparaient le monde académique du monde mass-médiatique. Le démantèlement de l’héritage de 68 et l’abolition des frontières entre université et mass-médias étaient un préalable pour le triomphe de l’archéo-libéralisme. Du coup, un glissement s’est opéré dans le centre de gravité du pouvoir intellectuel, de l’université vers les mass-medias avec au bout la naissance d’une nouvelle intelligentsia, la médiacratie.
À partir des années 80 et 90 du XXe siècle, les mass-medias se sont mises à fabriquer en série une nouvelle génération d’intellectuels prenant le relais de l’ancienne génération formée jadis par l’université. L’avènement de la médiacratie, c’est aussi, à n’en pas douter, celui de la médiocratie intellectuelle qui décerne le label d’intellectuel à celui qui a le plus de micros tendus vers lui, qui est omniprésent sur les ondes des radios et l’écran de la télévision, qui écrit des livres-minute et qui publie régulièrement des chroniques dans la presse grand tirage etc. Désormais, pour être reconnu comme tel, l’intellectuel de l’ère archéo-libérale doit obligatoirement porter l’estampillage « Vu à la télé, vu chez Pivot ou chez Durand ». L’intellectuel de l’ère archéo-libérale est généralement celui qui professe la vertu du conformiste social et poltique et qui obéit comme le chien de Pavlov à l’œil et au doigt quand il entend la sonnerie de son grand maître, le grand capital qui contrôle désormais les moyens de la production et de la diffusion des idées favorables à ses intérêts économiques. Pour finir, nous dirons que la mission première de l’intelligentsia archéo-libérale consiste essentiellement à exorciser le véritable danger que représentent pour l’ordre établi la pensée critique de Marx et le marxisme en s’employant à semer la confusion et à brouiller les esprits, grâce à une association d’idées et des réflexes conditionnés entre d’une part, le marxisme et le communisme associés au stalinisme et au Goulag et d’autre part, la soumission au pouvoir du capital et aux capitalistes associé à la liberté, à la démocratie et aux droits de l’Homme.
Depuis le triomphe de l’archéo-libéralisme dans les années 80 du XXe siècle, la totalité de la production intellectuelle contestataire s’est trouvée de facto exclue du champ intellectuel. Ainsi des milliers d’auteurs et des dizaines de milliers de pages écrites sont-ils tombés dans l’anonymat total, victimes de l’ostracisme et du sectarisme du nouveau pouvoir intellectuel détenu par les mass-medias et une université désormais mise en coupe réglée par le pouvoir politique. Depuis un quart de siècle une véritable chape de plom s’est abattue sur les auteurs et les écrits susceptibles de remette en cause le conformisme ambiant, l’idéologie dominante et la littérature d’édification officielle conforme à l’air du temps. Mais cette chape de plomb médiatico-idéologico-politique n’a pas seulement affecté la production intellectuelle contestataire contemporaine, elle a aussi travaillé pour envoyer aux oubliettes de l’histoire toute la littérature contestataire du XIXe siècle c’est-à-dire la littérature socialiste et marxiste du XIXe siècle qui n’a pas été épargnée et qui a subi de plein fouet les contrecoups de la révolution conservatrice. À la place de Proudhon et de Marx, les apôtres de l’archéo-libéralisme sont allés exhumer des momies comme Alexis de Tocqueville ou Benjamin Constant qui étaient des hommes quasi inconnus de leurs contemporains et que même s’ils jouissaient d’une certaine notoriété, ils ne l’étaient que comme journalistes et publicistes et en aucun cas comme des théoriciens et des philosophes politiques. Nous n’avons rien contre les écrits journalistiques de Tocqueville et de Constant qui sont les témoins d’une société et d’une époque mais à en faire des théoriciens du libéralisme, il y a un pas qu’il serait difficile de franchir. Pour nous, les pères du libéralisme sont Hobbes, Locke et Rousseau qui, avec leur théorie des droits naturels et le concept de contrat ou de pacte social, débitent les mêmes fadaises que leurs épigones et acolytes qui prônent le retour à la loi du marché qui n’est autre que le retour à l’état de nature et au règne de la loi de la jungle sociale.
En hommage à ce soldat inconnu de la pensée critique victime du nihilisme culturel de l’ère archéo-libérale, à ces milliers d’auteurs tombés dans l’anonymat, pour avoir vaillamment combattu une idéologie barbare et destructrice, nous tenons à les honorer, à notre manière, qu’ils soient morts ou vivants, en publiant certains de leurs textes qui, espérons-le, pourront aider à mieux comprendre les mécanismes latents de la domination sous toutes ses formes. Le premier texte que nous publions est celui de Christiane Rochefort. Evidemment, personne n’a entendu parler de cette personne mais son texte publié dans les années 1970 se révélera d’une brûlante actualité. Ce texte n’a pas été choisi au hasard, car il traite d’un thème qui nous tient à cœur, la manipulation mentale des hommes au service d’un pouvoir établi. Christiane Rochefort analyse les mécanismes de l’exploitation de la matière grise par le pouvoir. Ce texte intitulé « La ségrégation des cerveaux », fut publié dans « Le monde de l’Education » du mois de février 1976. N° 14. F.E.
LA SÉGRÉGATION DES CERVEAUX
par CHRISTIANE ROCHEFORT
Christiane Rochefort s'est toujours passionnément intéressée au sort réservé par la société à la jeunesse. Après « les Petits Enfants du siècle » (1961), après « Encore heureux qu'on va vers l'été » (1975), elle prépare maintenant un essai sur ce sujet et vient récemment de rompre des lances à la télévision avec M. Rémy Chauvin, professeur d'université et auteur des « des Surdoués ». N'ayant pu dire tout ce qu'elle avait sur le coeur, au cours de cette émission, elle précise sa pensée pour « le Monde de l'éducation » (1).
Soudain dans le ciel orageux de ia, sélection scolaire scolaire éclate unie très curieuse offensive qui prend rapidement l'allure d'une concertation internationale. !I n'est bruit dans le monde (industrialisé) que des enfants « doués».
Après quelques décades de travail obscur d'associations privées - dont l'innocence serait fonction de l’origine des fonds - on les découvre, ces enfants, « dotés d'une intelligence ou d'une créativité exceptionnelle». Et le frémissement qui parcourt les rangs des officiels de l'éducation rappelle étrangement d'autres anciennes fièvres. Fièvre de l'or, fièvre de l’or noir. Oui, celles-là. Et les voici tous rassemblés (conjurés?) à Londres et annonçant ia création d'un Conseil international pour les enfants surdoués » (voir « le Monde », 25 septembre 1975), Ma parole, auraient-ils découvert un gisement?
Oui. Un gisement de matière grise. La vraie et véritable source de l'énergie moderne. C'est une grosse affaire qui volt le jour. Une affaire qui monte. Des délégués présents, celle du Danemark a refusé d’y tremper. Les Etats-Unis sont, on ne sera pas surpris de l'apprendre, les promoteurs de la nouvelle opération minière, dont la France a été récemment informée par Rémy Chauvin dans « les Surdoués », livre qui est un succès.
L'opération « surdoués » apparaît comme le couronnement technocratique des divers dispositifs de sélection des enfants, mis en place en ces récentes années. On aurait tort de ne pas prendre cette opération ou sérieux, et autant de laisser coincer le problème dans la contradiction élitisme-démocratie, qui n'est que la face apparente de l'iceberg, et aboutirait à la récupération du problème par les organisations politiques qui exploitent la lutte de classe (économique).
II s'agit, premièrement, de la lutte de classe enfants-adultes. Deuxièmement, il s'agit d'une lutte beaucoup plus globale. RIEN de redoutable comme la sollicitude des pouvoirs. Car elle n'a qu'une motivation: exploiter. Les enfants sont en danger: les États se soucient d'eux. Les sirènes psycho-pédago-gouvernementales chantent (sous quels généreux patronages? Car enfin un tel projet suppose d'énormes frais), chantent les progrès de l'humanisme, l'amour des enfants, le tendre soin qu'on prend de leur épanouissement, de leur harmonieux développement dans des conditions optimales.
Mais en prêtant l'oreille on entend une tout autre chanson. II s'agit, en fait, de rationaliser l'exploitation de la matière grise à sa source même: le jeune cerveau. Une détection précoce permettra de trier le matériau brut: la part non traitable étant rejetée; le tout-venant servant à des usages grossiers; tandis que les filons les plus riches, séparés de la gangue ordinaire, seront traités spécialement, en sorte qu'ils deviennent une force utile. Utile à qui? À la grosse industrie finance, qui a grand besoin de cet ordinateur supérieur, pour ses recherches, ses applications, et aussi, ma foi, son appareil de gestion, qui devient de plus en plus lourd et complexe. Dans cet appareil, je comprends évidemment les Hommes d’État: ce n'est même plus trahir un secret de dire que les hommes au pouvoir ne sont que les agents exécutifs (exécuteurs? des monopoles.
Le triage de la matière grise est effectué à l'aide de tests, dont ies résultats permettent d'établir ledit « quotient intellectuel ». II est avéré, sauf pour les testeurs, que les tests ne mesurent pas l'intelligence, chose de nature inconnue, et ne la mesureront jamais quel que soit ie degré de sophistication où ils essayent de se retrancher. En effet: 1) On ne saurait mesurer ce qu'on ne peut définir; 2) On ne saurait mesurer un objet complexe, multidimensionnel, avec une échelle, ne comportant qu'un bas et un haut; 3, la loi d'indétermination (l'observateur modifie l'observé); aggravée par la relation de pouvoir (testeur-testé) et par les options personnelles (politiques:!e grands champions U.S. des tests, Jensen, Schockley, Burt entre autres, sont super-racistes), produit une marge d'erreur telle que le résultat doit être considéré sans valeur scientifique; 4) Les tests ne seraient, en tout cas, valables qu'à l'intérieur d'une seule structure mentale: celle du citoyen de nos sociétés industrialisées (les enfants Maya, indique Remy Chauvin, ont des scores de débiles chez les psychologues jusqu'à ce que l'ethnologie informe que les notions de rapidité et de compétition, essentielles aux tests, sont absentes de la culture maya). Chacun de ces points invalide les tests. Les tests ne passent pas la barrière épistémologique (1). Ajoutons qu'en sciences inexactes, plus c'est chiffré plus c'est faux.
Cependant, en dépit de leur insignifiance scientifique, les tests poursuivent imperturbablement leur carrière triomphante. On peut trouver à cette étrangeté deux raisons: d’abord la force de l'existant; une quantité de gens sont là, avec toute une machinerie, on ne peut pas renvoyer tout ça à la maison, même si c'est une erreur totale. La deuxième raison est que les tests d'intelligence sont utiles, au sens où un valet par exemple est utile à son maître. Car enfin, ils mesurent bel et bien quelque chose. Si par l’intelligence ils mesurent, avec une précision relative suffisante, le rapport de l'enfant testé au pouvoir: est-il prêt à collaborer? Est-il juste capable da se soumettre? Est-il totalement imperméable? Est-il résistant au pouvoir? Te!les sont les questions réelles que, implicitement et insidieusement, sous le masque d'autres questions, posent las tests dits d'intelligence. Ils sont la métaphore des demandes de la société industrielle. Ils sont son instrument de tri de la masse humaine. Ils indiquent le type d’utilisation possible d’une matière grise donnée.
APRES triage, nous aurons: à un bout, !es doués et les surdoués (QI 130 et plus). Le congrès de Londres sur les surdoués montre qu'il s'agit bien d'un point chaud. « Une science nouvelle? » titre Rémy Chauvin. Et s'il « n'est rien de plus triste que la dégradation d'un génie potentiel asphyxié par le milieu normal », ainsi qu'il le dit, il ne faudrait pas que cet émoi légitime serve à occulter cet autre fait: les pouvoirs publics américains se mirent à s'intéresser eux enfants surdoués au moment où les Russes lancèrent (avant eux) leur premier spoutnik. Des lois fédérales pour l’« aide » aux surdoués sont en préparation. « Une idée-force qui a dû frapper particulièrement les Américains: il s'agit d'une ressource naturelle inexploitée, dont l'importance peut être plus grande que la bombe atomique », d' « une mine d'or ». » (Rémy Chauvin) Les pouvoirs nous le disent donc eux-mêmes: il s'agit d'exploiter. Cette ressource naturelle en forme d'enfant recevra, sons que les parents puissent s'y opposer, un enseignement spécial, de maîtres spéciaux, si possible surdoués eux-mêmes sinon où irait l'autorité. Aux Etats-Unis, trois cent douze mille enfants (selon Rémy Chauvin) le reçoivent déjà. Sur quarante-neuf millions, ce n'est pas très démocratique, mais, comme le fait justement remarquer Rémy Chauvin, l'actuel enseignement est scandaleusement elitique, alors ce sera pareil, mais plus rationnel. Ainsi donc, à un bout, les surdoués, ensemble, entre eux, impollués, formés pour la NASA, la technocratie dirigeante et le pouvoir d'Etat. Pas une lueur d'étrange ou de différent, ou d'injuste horreur ou, attention, de contestation, ne traversera leur univers préservé.
Au milieu, les moyens, les soumis, les effrayés, les timbrés, ceux que le pouvoir effraye, ceux qui n'ont pas assez d'énergie; ensemble, entre eux. Formés à marcher et à être contents comme ça. Pas une lueur ne traversera, par le miracle de l'amitié, de l'amour, leur univers médiocre. Rien ne les éveillera.
À l’autre bout, imperméables au pouvoir, les inutilisables. Débiles et mauvaises têtes. Là sont les gens dont les structures mentales ne collent pas avec les normes dominantes; Maya, immigrés, et débiles comme ils disent. Ceux qui s'en foutent (trop brisés). Et ceux qui refusent, les résistants et les poètes. Le bas de l’échelle: mauvais tests ou refus de tests, la source est la même: rétraction ou révolte, selon le degré d'énergie laissée. Ce qu'ils deviendront, ceux-là, peu importe. On (l'industrie) a aussi besoin de balayeurs. Mais attention! parmi les résistants se trouvent aussi les créateurs. C'est bien logique: nous naissons tous créatifs, mois seuls le demeurent, après l'âge de quatre ans, ceux qui, par chance et conditions spéciales, ont résisté. Et ceux-ci, il ne faut pas les louper. L'industrie en a besoin, la banque parfois (l'État non, on n'a presque jamais vu de créateurs Hommes d’État, un bon quotient de voracité et le simple talent pour la navigation suffisent; et ce sont des débiles qui deviennent carrément dictateurs, exemple: Hitler, Franco, Pinochet...) Les surdoués ordinaires classifient superbement, mémorisent, organisent, mais n'inventent pas, avec eux l'industrie piétinerait, la conquête de l'espace et tout ça. Aussi la conférence de Londres prend-elle soin de préciser: enfants « dotés d'une intelligence ou d'une créativité exceptionnelle ». Il faut donc aller pêcher les créatifs où ils sont, sur les derniers bancs de la classe parfois, car ils s'embêtent, s'en foutent, et ne sont pas obéissants. Les tests dits « de créativité », sur lesquels les arpenteurs de l'esprit humain cassent leurs propres têtes, peut-être pas tellement créatives (ex. : Que peut-on faire avec une brique ? Très amusant. Si vous trouvez p!us de vingt réponses vous êtes un génie. Réponse typique du créatif: voir « in fine », les tests de créativité font aux enfants réluctants une offre de collaboration; ceux qui se laisseront séduire pourront être utilisés Comme inventeurs.
Et ceux qui ne se laisseront pas séduire? Eh bien, pour ces mauvaises têtes-là, totalement inutilisables et susceptibles de devenir même gênantes si on les laisse s' « épanouir », les Etats-Unis toujours où les recherches en psychologie appliquée sont très avancées et largement soutenues par les fondations instituées par des philanthropes tels que Rockefeller, Carnegie, Ford et confrères, les Etats-Unis proposent aux nations souffrant du même problème d'intéressantes solutions: aux enfants trop vifs, diagnostiqués « hyperactifs », est prescrite, et administrée (les enfants ne sont pas en position de refuser d’avaler une drogue, la Rita!in, qui les calme. Premier point. Second point: un projet, déposé par Nixon, prévoit que les enfants seront soumis à six ans a des tests(encore) qui détermineront (?) leur « potentiel de violence ». Ceux qui dépasseront le seuil autorisé, placés dans des institutions rééducantes, y recevront (de force) une autre espèce de drogue: le haldol. C’est un neuroleptique (majeur) qui a les effets d’une lobotomie.
Lorsque les pouvoirs et leurs serviteurs institutionnalisés parlent de surdoués (ou autres), ils ne parlent pas d'enfants, de personnes humaines appelées enfants, ils parlent de matière première. De matière première grise et infiniment précieuse, qu'il importe d'exploiter. La notion « enfant » n'entre dans cette équation de profit que pour deux postes: T) la matière grise est d'autant mieux traitable qu'elle est fraîche; 2)les personnes appelées «enfants» n'ayant aucun droit dans la société, des autorités quelconques peuvent les disposer où cela leur est avantageux sans que les enfants aient rien â dire - aussi longtemps que ceux qui ont les droits en leur lieu et place (les parents) ne prennent pas leur défense.
Et attention ! Tout cela, ces affaires des doués, surdoués, superdoués, sous-doués, n’est pas de naissance ! On pose cette échelle comme un postulat: inégalités naturelles. À quoi ne saurait s’opposer, bien sûr, que l’égalité, sorte d’identité mythique idéale et démocratique. Une sottise contre une autre sottise. Tant il est vrai que nos structures mentales sont totalement envahies par la notion de hiérarchie, que nous ne savons penser qu’en termes de degrés, du supérieur à l’inférieur, et jamais en termes de différences! La génétique moderne conduit à renverser tous ces automatismes de la pensée; à recevoir les notions de potentialité et actualisation, d’inter-actions entre inter-actions à l’infini, de mouvements en changements constants…
Rémy Chauvin propose la notion de « néoténie intellectuelle (néoténie développement de certaines capacités « adultes » durant l'état larvaire) pour rendre compte de la survenance d'un super doué. La génétique propose autre chose. À part que les enfants ne sont pas exactement des larves.
La doctrine actuelle est la suivante: tous les enfants naissent avec un potentiel génétique immense. Et cela renvoie les conceptions d’égalités-inégalités aux limbes de la pensée rudimentaire qui se prit durant trois siècles pour science. Personne n'est égal, tout monde est différent. Mais ces potentialités indémontrables doivent être éveillées en leur temps, qui est assez bref. Le milieu, la circonstance et le hasard sont les agents d’éveil. Ce qui renvoie un grand pan de la querelle hérédité-milieu aussi aux limbes, quand on y réfléchit un peu sérieusement. Le milieu (hasard compris, heureusement) opère donc comme un choix, et un choix très réducteur- et non pas en tant que formation. Avec l’éveil des gènes, commence un processus d’inter-action si complexe qu’il « n’est exprimable par aucune formulation mathématique »(J. Larmat). Même pour les plantes. L’enfant de quatre ans est déjà un résultat tout à fait complexe, et quasiment tout est joué. Je propose de renverser l’idée reçue et de formuler que, s’il est surdoué, il n’est pas exception de la nature, mais un rescapé: il a passé à travers les mécaniques de destruction qui accueillent tout humain naissant ici; une part de son énergie a été sauvegardée. Le surdoué c’est le normal(resté normal), le reste est esquinté-le reste, c’est-à-dire 97% des humains, puisqu’il y aurait 3% de surdoué.
On peut émettre prudemment l’hypothèse que toute l’énergie préservée tend à servir les gènes les mieux actualisés, d’où peut-être les « prodiges inquiétants », monstres du calcul, du calendrier, de la mémoire, qui parfois ont des trous ailleurs, et parfois non.
Je partage la tristesse de Rémy Chauvin devant « la lente dégradation d’un génie potentiel asphyxié par le milieu normal » (encore que je n’y vois pas tant de mystère) mais j’étends cette tristesse aux 97% autres, qui selon moi sont dans le même cas, mais furent vaincus plus tôt, sans qu’on s’en soit même avisé.
Nous sommes tous des surdoués potentiels. 97% d'entre nous ne sont « actualisés » que pour une faible part. Qui sait du reste si les 3% rescapés sont entièrement réalisés? On ne sait pas grand- chose ce cet appareil, qui échappe « à toute formulation mathématique »: le cerveau, ou pour mieux dire l'esprit. Heureusement ses possibilités sont encore ignorées ici et ne se laissent pas circonvenir par une science de la quantité qui se prend pour La Connaissance. II n'est pas encore temps, pour qui veut rationaliser l’exploitation de l'intelligence, de crier victoire: l'esprit, cet inconnu, non mesurable, non prévisible, n'est peut-être pas complètement contrôlable. _
(Réponse au test de la brique: la jeter à la tête du psy.)